Nombres d’exploitations agricoles implantées dans la vallée de la Soummam, sur les deux rives du cours d’eau sont irriguées avec les eaux de la nappe phréatique issue de la percolation. Dans certaines localités, des individus sans scrupules, obnubilés par le gain facile, poussent l’indélicatesse jusqu’à pomper tout bonnement l’eau de surface pour irriguer des vergers ou faire pousser des légumes de saison, qu’ils proposent à la vente aux abords de la RN 26 ou dans les différents marchés hebdomadaires. La Soummam est l’exutoire des multiples effluents issus des unités industrielles et autres rejets ménagers qui s’y déversent sans vergogne. On y retrouve un cocktail de polluants nocifs autant pour le milieu recepteur que pour la santé, comme les déchets de métaux ou l’excés de matières organiques et des débris divers. La présence de composés organiques complexes, tels que les hydrocarbures générés par les stations de lavage-graissage et les détergents domestiques rend difficile le processus de régénération de l’eau qui s’opère naturellement par les micro-organismes et la filtration à travers le sol. Cette dernière est d’autant plus aléatoire que le substrat du lit, barrière de rétention par excellence des polluants, fait l’objet d’extraction à grande échelle. Dès lors, on imagine aisément le préjudice que peuvent causer ces produits maraîchers gorgés de toxines et probablement d’agents pathogènes pour la santé du consommateur. En attendant que les pouvoirs publics prennent la mesure de ces pratiques aberrantes qui relèvent en fait, de la problématique environnementale, il revient au consommateur de rester vigilant et à l’agriculteur de développer en parallèle à ses tomates ou ses oignons, son sens civique.
Nacer Maouche
