L’usine de plâtre pointée du doigt

Malgré le rôle économique qu’elle joue et la manne fiscale qu’elle représente à l’APC, l’unité relevant du groupe Somacob est considérée comme cette boite de Pandore abritant tous les malheurs des citoyens de cette contrée avide de développement. Les riverains ne semblent guère satisfaits de la manière dont elle fonctionne notamment ces derniers mois. Entre autres, le premier voisin à l’Ouest qui n’est autre que le premier adjoint de l’APC de Boudjellil dresse un sombre tableau de l’industrie. Il commence par décrire un nuage de poussières qui se dégage de ses cheminées polluant l’air puis l’ensemble des habitations et de la flore qui existe. Notre interlocuteur dit avoir rencontré une famille cueillant des olives aux alentours avec plein de poussière sur les vêtements. « Chaque membre présentait un lot de particules polluantes sur le visage et l’ensemble du corps », dénonce-t-il hors de lui. Après quoi l’élu du peuple prétend que l’industrie du plâtre utilisé dans la construction est dénuée des filtres adéquats (électrofiltres) d’où il s’échappe, insiste-t-il, une bonne partie du plâtre produit qui va atteindre les moindres recoins du petit village où 46 ans après l’indépendance les citoyens n’ont pas encore pu savourer les bienfaits du développement et du progrès. Dans le réquisitoire fait par le mandataire du peuple il y a aussi les nuisances imputables aux déflagrations d’explosifs au niveau du gisement situé juste à quelques encablures de l’usine. A en croire notre source, on ne compte plus le nombre d’habitations qui à force d’être secouées par les explosions de mine ont fini par afficher des fissures béantes dans leur structure. Salah Saâdi ajoute que  » les responsables ont été antérieurement sommés de rénover les électrofiltres et d’adapter l’unité aux normes requises de fonctionnement.  » Selon lui « l’usine a même fermé pendant un mois environ pour entretien.  » L’occasion était précieuse pour la doter des moyens antipollution à même de permettre aux habitants de vivre sans ces particules poussiéreuses dont la nocivité sur la santé est démontrée de longue date. Néanmoins, l’usine s’est-elle dotée de ces équipements réclamés par les riverains ou a-t-on seulement fait reprendre du service à la plâtrière en éludant littéralement la doléance citoyenne? Enfin, on dit que la pollution qui émane de cette usine aurait des conséquences dévastatrices sur l’environnement. C’est sans doute ce qui justifie la riposte de l’élu à saisir d’abord les services de l’environnement et peut-être ensuite le chef de daïra et le wali pour obliger la direction à mettre un terme à ce problème épineux qui n’a que trop duré.

Z. Z.