2009, une année charnière pour le tourisme

Ainsi, le wali de Bouira a chargé un staff de directeurs de l’exécutif d’élaborer les premières propositions dans ce sens susceptibles d’orienter le bureau d’étude, qui sera choisi, pour la préparation du projet. Ledit projet concernera les trois communes sur lesquelles s’étend le lac de Tilesdit (Haïzer, El Esnam et Bechloul). La commune de Haïzer est ainsi bien servie par les sites naturels qui l’enserrent par le nord et par le sud. Encore, faut-il capitaliser ces lieux et panoramas en vue d’en faire des sources de richesse pour des populations qui ne demandent qu’à vivre décemment sur la terre de leurs ancêtres.

Le barrage de Tilesdit, servant de périmètre sud de la commune de Haïzer, est construit sur l’oued D’Hous (haute Soummam) et il occupe un site féerique au pied du Djurdjura. La faible profondeur de ses eaux est compensée par l’étalement de son plan d’eau dont la distance la plus longue (direction Est-ouest, de la queue à la digue) est d’environ 17 km. Ainsi, le périmètre susceptible d’être mis en valeur sur le plan touristique n’est pas loin des 30 km.

Promotion de la station thermale de Hammam Ksenna

Cette bande, qui doit subir un zonage selon la morphologie et le couvert végétal des lieux, sera sertie d’espaces de détente au profit des populations locales et des touristes qui viendraient des autres régions du pays. Mais le tourisme est également la préoccupation des pouvoirs publics dans d’autres localités de la wilaya, c’est le cas de la station thermale de Hammam Ksenna, dont les bassins ont été ouverts au public récemment.

Un site, qui une fois les travaux entièrement achevés, pourra drainer de nombreux touristes et curistes. Depuis que les chantiers ont été installés, il y a maintenant un peu plus de trois ans, l’activité thermale a été de facto arrêtée. Cependant, face aux chantiers, de rudimentaires bassins ont été érigés provisoirement pour ceux qui ne sont pas trop ‘’regardants » sur la qualité du service.

A coup sûr, l’inauguration des premières vasques abritées dans des chambres en dur, nous donne un avant-goût de ce que sera le complexe à sa phase d’achèvement, soit une structure touristique et médicale de premier plan à l’échelle régionale. Les habitants de Hammam Ksenna et des régions avoisinantes arrivent à peine à croire, que ce qui avait fini par prendre l’aspect d’un projet mythique, voit enfin ses premières réalisations concrétisées sur le terrain. Ce projet dont on parle- dans les bureaux de l’administration et des collectivités locales comme dans le plus modeste foyer – depuis au moins une douzaine d’années va changer radicalement le paysage économique local et même le décor quotidien de ces espaces. Les travaux, entamés en 2004 et interrompus quelques temps pour des raisons obscures, visent la réhabilitation de l’ancienne station thermale située dans la commune d’El Hachimia et qui a nourri les espoirs des populations locales en tant que lieu d’investissement créateur de plusieurs activités génératrices d’emplois directs et indirects. Ce rêve a aussi habité depuis longtemps tous ceux qui, à un moment ou un autre de leur vie, ont eu à mettre à l’épreuve les vertus thérapeutiques des eaux sulfureuses d’El Hammam.

Le destin de la station du Ksenna est celui de toute cette région boisée située au cœur des Bibans où, à la vie austère et pauvre de ses populations rurales, est venue se joindre la terreur de la décennie rouge qui avait annihilé tous les espoirs d’une reprise économique ou sociale. Située à 17 km du chef-lieu de la commune d’El Hachimia, la station de Hammam Ksenna prend naissance sur la façade du mont Guebr El Djahel, à environ 650 m d’altitude.

Captée à cet endroit du temps de la colonisation, l’eau chaude chemine à travers un tunnel arqué et se dépose dans un premier bassin situé devant la bouche du tunnel ; à partir de là, des conduites en PVC acheminent l’eau jusqu’au plateau des berges de l’oued El Hammam où elle se déversait dans des bassins de réception. Jusqu’à un passé récent, ces bassins étaient abrités dans des constructions rudimentaires qui ne présentaient aucune commodité. Les dégradations qu’elles ont subies suite au départ de la population en 1995 pour des raisons de sécurité les ont rendues complètement inopérantes.

Pourtant, avant l’avènement du terrorisme, et malgré l’inexistence de services et d’infrastructures (restaurant, hôtel, transport, magasins,…) dont avaient besoin les visiteurs, ces derniers affluaient de toutes les wilayas du centre du pays (Tizi Ouzou, M’sila, Médéa, Boumerdès), et les berges sableuses du cours d’El Hammam faisait fonction de parking étroit mais gratuit.

Mission également médicale pour la station

Les raisons du déplacement des visiteurs ne manquaient pas : au milieu d’une vaste pinède sans fin, se mêlent les paysages féeriques des falaises rocheuses et les eaux silencieuses du grand cours d’eau qui est la confluence de oued El Hammam et oued Ghomara. La fragrance de la résine de pin se mêle magiquement à l’odeur de souffre que dégagent les eaux fumants des thermes. Et ultime geste en apothéose, les eaux chaudes vous transmettent vigueur et surcroît de santé. Le projet de réhabilitation de la station thermale de Hammam Ksenna est confié à la SARL ‘’Faraksen » représentée par des promoteurs au nombre de trois : un géologue, un architecte et un médecin. Dans le document du projet élaboré par cette équipe dès les premiers diagnostics, il est signalé qu’ »avec son importante émergence hydrothermale aux vertus thérapeutiques prouvées, la région offre l’une des premières opportunités touristiques de la wilaya de Bouira, car réunissant des atouts nombreux et différents (…) Richesse naturelle d’intérêt évident, la source thermale de Hammam Ksenna constitue, de par sa localisation et ses particularités de débit, température et composition, un patrimoine à même de favoriser l’émergence d’un pôle d’activité multidisciplinaire à impact certain sur les plans de l’intérêt général et du développement local’. ’ L’exploitation optimale de la source et de son environnement sylvestre se fera, affirment les promoteurs, « en accord avec les objectifs cités et la tradition populaire. Le projet s’inscrit dans le strict respect des principes directeurs fixés à partir des particularités inhérentes au thermalisme défini comme la première forme de villégiature familiale dans la société rurale.  »

Les missions dévolues au projet sont sériées en trois objectifs : une mission médicale avec le matériel et l’équipement adaptés aux traitement d’un certain type d’affections telles que certaines dermatoses, rhumatismes, asthme, neuropathies, myopathies, séquelles de brûlures, varices, certaines affections psychiatriques, etc. Une mission touristique supposant offre de conditions de repos et de détente (saunas individuels et collectifs, salle de gymnastique, espace de relaxation, circuits pour randonnées, piscine et aires de jeux) ; et, enfin, une mission culturelle qui sera assurée par une structure polyvalente destinée aux activités culturelles nécessaires à l’agrément des pensionnaires du complexe et aux rencontres, séminaires et journées d’études à caractère scientifique.

Une capacité d’accueil de 1 200 personnes par jour

Le montant du projet est estimé à 320 millions de dinars, coût comprenant les études, les frais d’acquisition du terrain, la réalisation des infrastructures et les différents équipements (mobilier hôtellerie et équipement médical).

Il prévoit une capacité d’accueil de 1 200 personnes par jour, des soins médicaux pour 120 personnes par jour, la restauration pour 600 couverts/jour et des fast-foods assurant un service pour 1 000 personnes/jour.

Les capacités d’hébergement prévues sont de 860 lits par jour (bloc médical, 60 ; hammam, 120 ; hôtel, 80 et bungalows, 600).

En tout cas, pour la population de Hammam Ksenna, ce projet de réhabilitation de la station thermale constituera, à n’en pas douter, une révolution dans leur paysage socioéconomique et culturel.

Ainsi même si Tikjda est l’un des sites les plus connus pour sa vocation touristique, il n’en demeure pas moins que d’autres localités de la wilaya s’érigeront prochainement en sites incontournables pour les férus de tourisme.

Hafidh B.