Le calvaire du transport

C’est un véritable calvaire que vit quotidiennement la population de Béni Yenni à cause de la qualité déplorable du service de transport routier de cette commune. Le transport des voyageurs Béni Yenni – Tizi Ouzou est un problème qui existe depuis des lustres mais qui malheureusement persiste et incommode de plus en plus ses usagers. En effet, les citoyens de Béni Yenni qui doivent rejoindre la ville de Tizi Ouzou située à 35 km et où nombreux sont ceux qui y travaillent, y étudient ou tout simplement y font leurs courses empruntent fréquemment le transport privé, plus communément appelé par les Ath Yanni « les fourgons ».

La population de Béni Yenni y est depuis longtemps contrainte faute de transport public car les seuls bus dont dispose la municipalité ont été consacrés au ramassage scolaire. Aussi, ce sont exclusivement les fourgons qui assurent les navettes sur la wilaya et rien que sur la wilaya, car il faut le dire, le transport direct de Béni Yenni vers les localités limitrophes telles que Iboudrarène, Yattafene, Ouacifs ou Ouadhias à titre d’exemple est inexistant et la seule façon d’y aller est de passer par Tizi Ouzou ou de se débrouiller et c’est là un autre problème !

Ainsi, avec plus ou moins vingts fourgons dont le nombre de places varie de 6 à 24, les transporteurs sont loin de satisfaire la demande quotidienne et pour comble de misère, les doléances se font entendre par les deux parties concernées par cette situation critique, à savoir, les voyageurs et les transporteurs.

Il y a donc d’un côté les voyageurs qui souffrent tous les matins du manque et de l’irrégularité du transport : aucun horaire de départ ou d’arrivée n’est fixé. Les fourgons quittent Béni Yenni très tôt les uns après les autres si bien qu’à 8 heures déjà, la plupart d’entre eux pour ne pas dire tous, sont à Tizi Ouzou (arrêt : stade du 1er-Novembre) et n’y reviennent qu’une fois chargés. Pendant ce temps, les voyageurs à Béni Yenni dispersés tout le long de la route principale, eh bien ils sont sur la braise las de guetter qu’un fourgon se profile à l’horizon et d’attendre qu’un autre daigne revenir de Tizi Ouzou pour qu’ils puissent vaquer à leurs occupations en ville avec un peu, non, plutôt beaucoup de retard.

L’histoire se répète encore le soir lorsque ces villageois doivent rejoindre leurs domiciles. Les fourgons de Béni Yenni se font rares et à l’arrêt du 1er-Novembre, entre 15 heures et 17 heures, il y a du monde qui se dit que rentrer à Béni Yenni relève du miracle ! La seule alternative alors est de louer collectivement le fourgon d’une commune avoisinante. Il va sans dire que cette situation prend des proportions alarmantes les samedis matin, les week-ends et les jours de fête. D’ailleurs pas mal de ces villageois sont nostalgiques de l’époque où la commune n’avait qu’un seul car Béni Yenni – Tizi Ouzou, au moins, tout le monde savait quand partir et quand revenir.

De l’autre côté, il y a les transporteurs qui, eux, se plaignent des conditions de travail : pas d’arrêt aménagé ni surveillé à Tizi Ouzou pas de parking à Béni Yenni et pas assez de voyageurs dans une journée. La population résidant à Béni Yenni a baissé et de ce fait à 60 DA la place, il faut quand même gagner son pain ! Rappelons que le prix de la place du tajet Beni Yenni – Tizi Ouzou est passé de 50 à 60 DA ces dernières années et qu’en moyenne, la recette journalière d’un G5 chargé (fourgon à 9 places) qui effectue trois navettes s’élève à 2 880DA !

Pour conclure, il est clair qu’aussi bien les voyageurs que les transporteurs ne sont pas tout à fait dans le tort. Cela dit, la situation est carrément insupportable et le moins que l’on puisse dire est que l’état actuel du transport à Béni Yenni laisse vraiment à désirer. Aussi, pour le bien-être de cette population il est grand temps que le calvaire prenne fin. A l’aube de 2009, une solution effective à des problèmes de ce genre s’impose de toute urgence. Il faut faire quelques chose et vite.

A bon entendeur, salut !

D. K.