Accompagné à sa dernière demeure, en ce vendredi saint par une foule nombreuse composée des membres de sa familles, des voisins et de tous ceux qui l’on connu, Dda Rabah a été inhumé dans le cimetière familial, non loin de sa demeure à Azrou n’Tamart.
Dda Rabah, est donc parti à l’âge de 82 ans. Il est né un certain 16 juin 1926 sur les mêmes lieux, il est issu de la famille Labbadène. Il emporte avec lui tous ses secrets mais surtout et certainement l’amertume de ne pas recevoir même pour ses derniers moments sa reconnaissance à la lutte de Libération nationale. Son dossier demeure encore en instance depuis des années au niveau du ministère des Anciens moudjahiddines à Alger. Néanmoins, selon plusieurs témoignages d’hommes âgés, Dda Rabah a été comme beaucoup d’autres d’abord un militant du PPA/MTLD. Cependant, c’est durant la guerre de Libération que de nombreux témoignages pleuvent. Ainsi, en novembre 1957, il est dénoncé. L’armée coloniale le soupçonne d’avoir jeté son arme dans le puits. Il y sera plongé à maintes reprises pour la retirer, complètement dévêtu devant sa famille puis emmené dans plusieurs camps pour y subir des tortures atroces. Libéré, il sera repris quelques temps plus tard en y subissant le même régime.
En 1959, à la fin du mois de juillet, au cours de l’opération « Jumelles », la soldatesque coloniale découvre les trois abris et casemates qui servaient de refuge aux moudjahidines à Azrou n’Tamart, il est arrêté immédiatement et fait prisonnier jusqu’en 1961.
Libéré pour la troisième fois, son état physique était des plus lamentables, portant plusieurs cicatrices des sévices subis.
Ce n’est que plusieurs années plus tard qu’on lui a conseillé de constituer son dossier pour la reconnaissance d’avoir lutté pour l’indépendance ce qui était très facile pour lui mais il a été victime de la bureaucratie pour son acheminement. « Dda Rabah est mort comme il a toujours vécu. Sobre, modeste et pieux. C’est Dieu qui le récompensera de son Djihad », nous déclarent certains de ses proches.
E. N. K.
