La campagne oléicole 2008/2009 est considérée dans la région comme l’une des plus prometteuses et exceptionnelles qui soient.
En effet, plusieurs facteurs positifs concourent à une production record d’huile d’olive. En premier lieu, la météo a été des plus favorables, la pluie ayant démarré, comme au bon vieux temps, en septembre, période où le fruit formé et de couleur verte a besoin d’un peu d’humidité pour gonfler et prendre cette couleur rosâtre avant de noircir complètement et se remplir de liquide. De plus, les mois suivants, octobre et novembre, ont vu s’étaler pendant des journées entières, l’eau bienfaisante des pluies, lavant ainsi le bois et les feuilles de la poussière collante de la saison sèche et débarrassant l’arbre de la redoutable « araignée » de l’olivier, son ennemi mortel.
Cette bonne récolte est d’autant plus inattendue, vu l’état lamentable des oliveraies de la région. Car les trois opérations séculaires de nos paysans : le labour, le bêchage et l’élaguage des arbres ont été peu à peu abandonnées sous l’effet de la disparition du labour des bœufs et de la rareté de la main d’œuvre agricole en haute montagne, signede surproduction, les huileries qui se comptent sur les doigts d’une main, s’avèrent incapables d’absorber en temps voulu toute la récolte d’olives. Les propriétaires des huileries, pourtant modernes et à grande capacité tournant 24h 24, sont continuellement en butte aux réclamations des fellahs inquiets à juste titre pour leurs récoltes. Notons enfin que le prix de l’huile qui a atteint le pic de 400 DA/le litre, n’a connu jusqu’à présent aucune baisse malgré cette surabondance. Et de l’avis de tous, il va se « stabiliser à ce niveau toute l’année, du fait des derniers incendies d’oliveraies d’une part et du peu d’attrait que procure le ramassage d’olives, travail pénible et dangereux à la fois, d’autre part. En somme, abandance ne veut pas toujours dire bon marché ! »
B. A.