Notre interlocuteur a réagi ainsi à propos de tous ces jeunes qui creusent de profonds cratères à la recherche de sable de qualité au pied des piliers du pont de oued Ksari. En effet, depuis que la gendarmerie nationale traque les tamiseurs de sable à Draâ Ben Khedda et ailleurs, à l’oued Sebaou, beaucoup d’entre eux ont choisi la rivière dite Assif N’tletta. Dans une virée sur les lieux, nous avons remarqué qu’une extraction sauvage y est menée sans que personne n’ait essayé de lever le petit doigt. « Il n’y a rien à faire. L’Etat nous ne donne rien. Il faut quand même vivre et nourrir ses enfants », nous a répondu un tamiseur qui nous a appris, par ailleurs, que depuis que l’entreprise où il travaillait est fermée, il n’a occupé aucun autre emploi autre que celui-ci. Ils s’appellent Achour, Arezki, Farid. A l’aube, ils sont là, à attendre l’arrivée d’un camion. « Combien cela vous rapporte la charge d’une banne d’un camion de 2,5 tonnes », a-t-on demandé à l’un d’eux. Le premier intervenant nous a répondu : « Quatre cents dinars ». Avant qu’un deuxième n’ajoute : « Ici, on est en face d’une concurrence déloyale ». Effectivement, les prix diffèrent d’un lot à un autre. Certains ont déjà obtenu cette notoriété de vendre du « bon sable ». En traversant cette rivière sur toute sa longueur, on remarque ce préjudice qui lui est porté. Des deux côtés de l’oued, l’érosion des terres ne tarde pas à survenir. Mais, c’est surtout la nappe phréatique qui est sujette à tous les dangers. Il y a même risque de pollution des puits qui se trouvent tout au long de ce cours d’eau lorsque l’on sait que les eaux usées déversées par les égouts d’Ath yahia Moussa s’infiltrent dans ces trous profonds pour atteindre la source d’eau. Selon une source locale, les services concernés sont alertés à ce sujet. La sonnette d’alarme est tirée car c’est tout l’environnement qui est en danger. Ne dit-on pas : « il vaut mieux prévenir que guérir ? »
H. N.
