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«Les responsables doivent regarder dans notre direction»

Rencontré en marge des festivités du 9e Festival du film amazigh de Sidi Bel Abbes, Ait Braham Hafid, jeune réalisateur a bien voulu répondre à nos questions. Originaire d’Ouzellaguene (wilaya de Vgayet), Hafid a participé au festival avec un court-métrage intitulé «Tour d’argent». Il nous fait part dans ce bref entretien des conditions dans lesquelles il a réalisé son film, les problèmes financiers qu’il a rencontrés, ses souhaits et ses aspirations dans le domaine du 7e art.

La Dépêche de Kabylie : Vous êtes le réalisateur du court-métrage «Tour d’argent», parlez-nous un petit peu de votre produit ?

Hafid Aït Braham : D’abord, j’ai intitulé mon film Tour d’argent pour montrer l’influence de l’argent sur l’homme… que de tentation, de convoitise ! Montrer aussi, comment le monde actuel est devenu. Jadis, les hommes vivaient d’une manière autre que celle d’aujourd’hui, mais on assiste maintenant à un changement radical. Auparavant, les hommes voyaient leurs frères d’une manière plus humaine, aujourd’hui, non. L’argent est devenu le moteur de toute chose. Comme disaient les anciens : «Tu possèdes quelques dinars et tu vaut ces dinars !». Et si tu ne possèdes rien, tu ne vaux, malheureusement, rien du tout ! A travers ce film, on a essayé de dire à tout le monde que cela n’est pas vraiment bien. Nous sommes quand même des humains, nous avons une tête pour penser, faire la différence entre le bien et le mal… Au début du film, on nous a montré l’émission du jeu de loto, pour expliquer justement comment les gens attendent que l’argent leur vienne du ciel, ce qui n’est pas juste. Et même si le personnage principal du film avait gagné au loto, mais la dernière phrase que nous voulons expressive est celle de son fils qui dira juste avant la fin du film «Papa as-tu reçu ta paie ?». C’est une manière pour nous de dire que l’innocence de ce garçon mérite une réflexion. Nous voulons aussi dire que même si cette famille a gagné de l’argent, personne ne sait où va cet argent ? Pourra-t-elle changer quelque chose dans sa vie…etc.

Pouvez-nous nous parler des conditions de la réalisation de votre film ?

Nous avons rencontré beaucoup de problèmes. Pour tout travail artistique, le chemin est jonché d’épines et plein d’empêchements. Ce n’est pas facile de tourner un film. Du côté financier, j’avoue que nous n’avions pas assez de moyens financiers pour faire face à tous les frais. Ce qui nous a vraiment aidé à réaliser ce film est la volonté de ceux qui ont participé : mes amis qui m’ont soutenu et aidé. Ce sont des passionnés du cinéma et des volontaires avec lesquels j’ai travaillé. Leur amour pour le 7e art et leur volonté de fer nous ont beaucoup aidé dans la réalisation du film. Ce sont de vrais amis pour moi. Ils aiment tellement le cinéma, que si je fais appelle tout de suite pour un tournage ils viennent. Le scénario a pris quatre mois de travail. Sans compter les autres travaux. D’ailleurs, j’avais dit que le tournage n’a pris que presque quatre jours. Le travail soutenu et acharné que nous avons fait avant le tournage nous a aidé à faire vite. Comme nous n’avons pas de moyens, nous avons axé sur la connaissance et la maîtrise du travail.

Des projets pour l’avenir ?

Oui, je le souhaite bien. Il y’aura des projets, mais nous souhaitons que les concernés vont peut être nous aider. Nous sommes jeunes et nous avons une grande volonté à investir dans ce domaine. Il nous faut une industrie cinématographique en Algérie.

Les responsables doivent regarder dans notre direction. Nous pouvons donner encore plus pour le cinéma amazigh. Aidez-nous seulement !

Propos recueillis par, Y.A et M. M

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