En délibération le 1er février

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c’est hier que son affaire a été examinée à nouveau par la cour de justice de Béjaïa. C’est qu’en matière de célérité la justice, contrairement à l’idée répandue, sait l’être quand elle le veut.

En effet 41 jours seulement séparent la date des faits de celle du procès en appel.

Le représentant du ministère public a requis la confirmation de la peine de cinq ans de réclusion criminelle, quant au verdit, il sera prononcé le 1er février prochain. Les faits remontent, pour rappel, au 16 décembre dernier et ont eu pour cadre la salle d’audience de la cour d’appel de Béjaïa, ce jour-là vers 21 h 45. L’accusé H. F., la quarantaine, qui était assis au troisième rang, derrière les avocats, s’est subitement, à l’appel d’un justiciable, levé de son banc et s’est dirigé vers le prétoire.

a la surprise générale, il sort son arme ( Beretta de 9 mm) met une balle au canon et la pointe en direction du procureur général adjoint assis à la droite du juge.

Dans la salle c’est la panique générale. Des personnes présentes à l’audience se cachent dans les travées, d’autres poussent des cris d’horreur.

La scène a duré une bonne vingtaine de minutes, durant lesquelles, il a fallu tout le doigté de négociateurs des policiers et des avocats présents dans la salle pour calmer l’agresseur.

Celui-ci demande la présence du commissaire principal auquel il déclare vouloir rendre son arme et la reconsidération du verdict de 10 ans de prison, prononcé le même jour et dans la même salle à 14h contre son frère reconnu coupable dans une affaire de trafic de quelques dizaines de grammes de drogue.

Le mis en cause est en fait policier de son état et a à son actif une bonne dizaine d’années d’exercice.

Il a exercé notamment à Boumerdès dans la lutte antiterroriste. Son geste dira-t-il à l’audience, est un réflexe acquis durant la décennie noire de lutte contre le terrorisme avant d’être muté à Akfadou dans la wilaya de Béjaïa.

Le jour des faits, il se trouvait en congé de récupération et il s’est déplacé à Béjaïa pour assister au procès de son frère.

Mais au lieu de quitter la cour au prononcer du verdict, il a préféré attendre la tombée de la nuit au moment où la surveillance est relâchée, selon la partie civile, pour passer à l’acte prémédité.

La défense rétorquera à ce sujet que l’acte n’est ni prémédité ni destiné à faire du mal à une personne précise.

La présentation de l’accusé était seulement d’attirer l’attention des magistrats sur le cas de son jeune frère. Au cours de son intervention la partie civile a demandé à la cour d’annuler purement et sûrement le premier procès et de requalifier l’affaire en tentative d’homicide volontaire avec préméditation.

Quant à la défense, assurée par maître Mohamed Benouaret, elle demandera avec insistance une expertise sur le plan psychologique de l’accusé pour s’assurer d’abord que ce dernier n’a pas subi de traumatisme mental durant les années de feu passées sur les hautes montagnes de la wilaya de Boumerdès à lutter contre les hordes sanguinaires. Mais si cela n’est plus possible, il y a alors lieu, plaidera encore maître Benouaret d’accorder de larges circonstances atténuantes en faveur de son mandant conformément aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie dans le cadre des peines sévères et de la lutte contre la torture.

B. Mouhoub

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