Tikjda, le site que partagent les wilayas de Bouira et de Tizi Ouzou, a accueilli ce week-end un ministre de la Jeunesse et des Sports franchement décidé à secouer le cocotier. C’est sur les hauteurs de la station climatique que s’est rendu le ministre pour inaugurer le stade d’entraînement des équipes nationales implanté à Aswel, à 1 750 m d’altitude, et le centre d’hébergement du comité olympique.Les deux réalisations – qui, pour rappel, avaient, dès l’entame des chantiers, suscité des inquiétudes d’ordre écologique – satisferont Yahia Guidoum qui, plus loin, lors d’un point de presse, refusera dorénavant qu’en matière de réalisation de cette nature, le pays devienne “la poubelle des firmes étrangères”. Il estimera aussi qu’il s’agit du résultat “de la philosophie de partenariat MJS/COA” qui a poussé les deux parties à regarder dans la même direction. L’hôte de Tikjda esquissera les contours de la nouvelle politique que son ministère prône et qui, en gros, s’appuiera sur la formation et le sponsoring/partenariat. Le ministre n’ira pas avec le dos de la cuillère pour fustiger quelques fédérations qui, selon lui, “traînent beaucoup de casseroles”. Sans ambages, il pointera le doigt sur la Fédération d’athlétisme et révélera que des athlètes de haut niveau ont refusé de courir pour les couleurs nationales, privant ainsi le pays de médailles, lors de différentes compétitions internationales. Ce refus aux allures de chantage serait motivé par des considérations mercantiles. D’ailleurs, le ministre de la Jeunesse et des Sports s’indignera : “Le sport a été pollué par l’argent !”. De fil en aiguille, Yahia Guidoum soulèvera le problème des techniciens, médecins et entraîneurs de haut niveau que les fédérations refusent en leur fermant la porte au nez. “60 entraîneurs de qualité exercent à l’étranger”, informera-t-il à ce sujet. Cela dit, l’état de santé détérioré du secteur du sport n’a échappé à personne. Peut-être qu’un ministre chirurgien trouvera la thérapie de choc qui s’impose.
T. O. A.
