Alerte, les jeunes se suicident à Béjaïa !

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Le phénomène du suicide touche en premier lieu des individus âgés entre 19 ans et 40 ans. Il est à signaler en outre que même des adolescents de 18 ans recourent, à des proportions néanmoins moindres par rapport aux autres tranches d’âge, au suicide. Il ressort par ailleurs des données fournies par les services de sécurité que la plupart des cas de suicide ont été enregistrés parmi la population inactive, en d’autres termes des chômeurs. A titre illustratif en 2005 quelque 35 cas de suicide ont été enregistrés dont 25 cas étaient des chômeurs. En 2006 : 11 cas sur 28 cas de suicides enregistrés. La courbe, en conséquence, s’incline contrairement à l’année suivante, 2007 16 suicidés étaient des chômeurs sur les 32 cas comptabilisés. Dans ce cas, la courbe s’accroit.

Par contre en 2008, ils étaient 14 chômeurs sur 23 suicidés. A ce propos la proportion de suicide se réduit à nouveau. A l’instar de ce problème, il y a lieu de dire que la dépression représente un pourcentage conséquent dont 19% en 2005, 14% en 2006, 9% en 2007, et 22% en 2008 et les troubles psychiques avec 16% en 2005, 21% en 2006, 25% en 2007, et 4% en 2008. D’après M. Azibi, psychologue, “quand l’estime de soi baisse, l’individu ne contrôle pas ses actes. Il s’isole du groupe — entourage — de plus en plus et provoque chez lui le syndrome du suicide. Il est à dire que la dépression se provoque généralement, suite à une angoisse et un stress.

Au moment de la non prise en charge par l’entourage, l’individu développe le sentiment du suicide dans son inconscience c’est-à-dire, dans ses désirs cachés qui s’aggravent en passant à l’action du suicide”. Et d’ajouter : “Les femmes, généralement, ne réussissent pas dans leurs tentatives. Depuis le mois de novembre dernier, une fille, célibataire, âgée de 34 ans, déprimée, a bu l’acide pour se suicider et tente de le refaire à cause de la pression familiale qu’elle n’arrive guère à supporter. Elle voulait, donc, faire du mal à son entourage et fuir la réalité”.

Contrairement à ce qu’affirme le psychologue, les données des services de sécurité indiquent que le phénomène touche en premier lieu la gent masculine, sur les 120 suicidés, 103 étaient des hommes. En se basant sur une étude réalisée sur le terrain, M. Amour, enseignant au département de sociologie à l’université de Béjaïa, estime que dans la plupart des cas les filles ne cherchent pas à se suicide réellement, mais elles cherchent beaucoup plus à attirer l’intention de leurs familles. D’après toujours notre interlocuteur, la majorité des cas de suicide chez la gent féminine sont dus aux conflits familiaux et au manque de communication (échec scolaire, les déceptions sentimentales, les mauvaises ententes entre frères et sœurs, en quelque sorte le manque de liberté). Par contre, chez l’homme, le malvivre et le chômage sont les facteurs les plus prépondérants. Les vieux quant après leur retraite se sentent inutiles et n’ont aucun pouvoir sur leurs familles.

Notons que le facteur principal du suicide est le changement social. Auparavant, il y avait la dépendance de l’enfant à sa famille. Quand la personne est en difficulté, la tribu et l’entourage interviennent. “Dans notre société, la femme, bien qu’elle soit en chômage, on la prend en charge jusqu’à ce qu’elle se marie. Contrairement à l’homme, la surcharge est plus pénible.

Dès la puberté, les parents le poussent à travailler afin de leur assurer une profession. Face aux déceptions affrontées, et les mauvaises assistances qu’il reçoit, l’homme est effrayé et déprimé.

Ceci, peut l’encourager à se suicider deux fois plus que la femme”, fait remarquer notre interlocuteur. Pour bon nombre de citoyens accostés à Béjaïa, ces derniers estiment que le chômage est le principal facteur qui pousse les jeunes au suicide.

Amel, une femme de 26 ans nous dira : “C’est inquiétant, je connais des personnes qui se sont suicidés, mais quoi faire pour les en empêcher?” Elle ajoute : “C’est vrai que le chômage est très répandu en Algérie. Combien de personnes ont terminé leurs études supérieurs mais ne trouvent pas de travail je fais partie, cela est ennuyeux. Mais malgré tout, quoi faire ? Je crois à Dieu et dans notre religion, de cette catégorie de gens. Le suicide est interdit. Pour cela, je pense à me suicider”.

Farid dira, de son côté, “je crois en Dieu, mais la misère sociale ne nous laisse pas beaucoup le choix, l’individu soit qu’il pense à l’émigration ou qu’il pense à se suicider. Personnellement, je quitterai ce pays dès que je terminerai mes études”. Réciproquement aux avis des deux jeunes ayant la moyenne d’âge de 22 ans.

“Comme on dit, on vit dans la misère. D’un côté, nos parents qui nous accusent de ne pas avoir continué nos études, de l’autre côté, c’est le fameux chômage qui nous bouleverse. Personne ne sait ce que le destin peut lui réserver je ne pense pas à me suicider.

C’est vrai que dans des moments de détresse, je lance des mots en l’air : je me suicide, mais un instant après j’abandonne”.

Fatiha Touche

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