Après l’indépendance il est mis à la disposition de la commune pour héberger des familles des villages limitrophes victimes des inondations de 1973.
Depuis, des promesses pour une éventuelle amélioration des conditions de vie ne cessent d’être réclamées par les résidants. Ils logent dans des abris de fortune en termites dans des conditions précaires, mais voilà des générations se succèdent sans qu’ils y gouttent à la moindre amélioration, puisque leur situation n’a cessé de se dégrader de plus en plus à cause de la démographie.
Les années passent, de plus en plus, les problèmes apparaissent et s’accumulent. La ville a été le théâtre des inondations de 2001 puis celle de 2004 qui ont fait apparaître la misère et les souffrances qui étaient leur quotidien puisque à chaque arrivée des pluies l’oued déborde.
Depuis, la cité est déclarée officiellement sinistrée et un plan de recasement lui a été réservé et les heureux résidants croient vraiment à une lueur d’espoir. Une assiette a été dégagée, des aides à la CNC ont été décrochées et le projet a enfin vu le jour en 2005.
Les travaux ont débuté et ceux du parachèvement sont laissés à la charge des citoyens défavorisés qui sont aujourd’hui dans le pétrin.
Un résidant nous déclare ; « Aujourd’hui, nous vivons dans un éternel chantier et le pire est que nous ne sommes pas raccordés à un réseau d’AEP, l’éclairage n’est guère d’actualité, l’accès non goudronné et la boue submergent ainsi la route qui s’affaisse à chaque averse, ce qui prive nos enfants pour se rendre à l’école ». Un autre ajoute : « Nous avons fui le problème et nous nous retrouvons dans le pétrin, si les actes nous ont été délivrés beaucoup d’entre nous, opterons pour un crédit Cnep ou bancaire afin de procéder à l’achèvement de nos travaux ». Une procédure a été entamée auprès de deux administrations, celles de l’Agence foncière de Tigzirt et la Conservation foncière de la même localité. Parmi les habitants on dénombre, ceux qui se sont vus s’acquitter des frais d’établissements d’acte, mais rien n’a été fait ou établi et les lenteurs administratives commencent vraiment à être lourdes et pesantes, puisqu’elles bloquent toutes les ambitions des résidants des lieux. Un jeune de cette cité nous dira : « Je suis né dans la précarité et j’ai vraiment peur de mourir dans la précarité dans cette soi-disant nouvelle cité ». « Nos revendications ont été transmises jusqu’aux hautes instances et nous disposons de photocopies le P/APC, le chef de daïra, les instances des wilayas sont tous au courant de notre perpétuel problème ». Y aura-t-il des solutions afin d’apaiser les souffrances de ces familles qui ont été toujours les éternelles victimes d’une précarité qui les rongent ?
Sahnoune Karim
