Près de 200 permis confisqués chaque semaine à Bouira …

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Un constat que l’on peut faire chaque samedi, dés les premières heures de la matinée devant le Siège de la wilaya de Bouira. Plus d’une centaine de personnes venues des quatre coins du pays attendent la fameuse commission de wilaya chargée de rendre, ou de confisquer le permis de conduire. Hier matin, lors de notre déplacement au Siège de la wilaya, la salle d’attente était pleine à craquer.

Tous attendaient impatiemment le moment de passer devant la commission “des permis”. Des noms sont appelés chaque 10 minutes.

Un laps de temps nécessaire pour les fonctionnaires de la Sûreté, de la gendarmerie, de la Direction des transports, des travaux publics, de la DMI, d’un examinateur et d’un représentant des auto-écoles, composant cette commission de wilaya de se rendre compte de la gravité de l’infraction commise.

Parmi les personnes qui attendent dans la salle, un citoyen d’El Tarf qui devait comparaître pour avoir répondu au téléphone alors qu’il était au volant. “Je n’avais pas vu les motards qui me suivaient et qui m’ont fait signe de m’arrêter alors que j’avais encore le téléphone collé à l’oreille… J’aurais du faire attention”.

A comprendre, bien sûr, que cet homme, surpris en flagrant délit d’infraction, ne reconnaît pas avoir transgressé la loi. D’après ses propos, il ne tiendra pas compte du fait que téléphoner au volant est un acte répréhensible et dangereux, mais qu’avant de répondre sur son portable il prendra soin de vérifier qu’aucun motard ne le suit. Une autre conductrice venue d’Alger était aussi présente, hier, pour comparaître devant la commission de wilaya. Elle se rendait à Béjaia lorsqu’au niveau du tunnel d’Aïn Chriki, elle a ignoré le panneau de limitation de vitesse 60 km/h. Flashée par un radar, son permis lui a été confisqué par un barrage routier de la Gendarmerie nationale. Un automobiliste de Bouira quant à lui, devait se justifier de l’absence du port de la ceinture de sécurité. “Un oubli,” dira-t-il, que les motards lui ont rappelé en lui retirant le permis de conduire. Ces trois cas de figure illustrent à eux seuls, la présence de cette centaine de personnes, qui, chaque semaine, attend toute une journée durant pour récupérer leurs permis de conduire ou pour se faire une raison quant à la confiscation du petit document rose.

A propos des accidents de la route ayant engendré des dégâts corporels, la commission de wilaya se réunit une fois par mois et traite en moyenne une quarantaine de dossiers. Mais pour les services chargés de la composante de cette commission, les infractions les plus récurrentes sont celles concernant le non respect du code de la route, notamment les excès de vitesse, le téléphone portable au volant, et la conduite en état d’ivresse.

113 morts et 1 312 blessés

Des manquements graves qui sont souvent à l’origine d’accidents de circulation pouvant entraîner le deuil de plusieurs familles comme le prouve le dernier bilan de la Gendarmerie nationale durant l’exercice de l’année 2008. En effet, pas moins de 659 accidents qui ont fait 113 morts et 1312 blessés (moyenne 1.8 accidents par jour) ont été enregistrés.

Pour le seul premier trimestre 2008, la gendarmerie de la wilaya de Bouira a effectué, 524 retraits de permis, soit près de 2 permis de conduire retirés chaque jour !

Ceux des chauffeurs ayant commis une infraction nécessitant d’envisager le retrait de permis par la commission installée à cet effet, sont de 138 durant le premier trimestre 2008, ce qui porte le total de chauffeurs ayant transgressé le code de la route à 662. L

e nombre de victimes des accidents de la circulation en 2006 était de1771, en 2007 de 1521 et en 2008 il s’élevait à1425. Une régression qui s’explique donc par les mesures préventives de l’ordre de 4581 retraits de permis ayant amené l’établissement de 5430 contraventions pour les 10175 délits commis sur les routes en 2008.

Depuis le début de l’année en cours, en l’absence de chiffres officiels de la police ou de la Gendarmerie nationale, le DRAG de la wilaya de Bouira nous dira qu’une moyenne de 200 dossiers sont étudiés chaque semaine par la Commission de wilaya. “C’est un chiffre qui varie entre 150, 160, 180 voire 200 dossiers que les membres de la Commission de wilaya doivent étudier chaque samedi.” Evidemment, les dossiers sont étudiés au cas par cas et inutile de préciser que le coté social des contrevenants n’est pas pris en considération même si les “arguments” ne manquent pas. Le cas d’un routier, quadragénaire et père de famille originaire de M’sila qui nous avouera avoir perdu son unique gagne-pain en franchissant une ligne continue. “Je n’avais pas vu la ligne jaune et il y a avait un barrage routier juste derrière le virage. Les gendarmes m’ont arrêté et m’ont retiré le permis.” Le retrait de permis est signifié aux contrevenants selon la gravité de l’infraction, un, deux, trois, six mois pour des infractions légères. La sanction est plus sévère lorsque il y a des dégâts corporels et lorsque la faute incombe directement au contrevenant. L’exemple du permis à points comme pratiqués chez nos voisins, tarde à voir le jour en Algérie même s’il est fin prêt dans le nouveau projet de loi. Pour rappel, l’Algérie se positionne en pôle position dans un bien macabre palmarès. Elle est classée au 4e rang mondial en termes de mortalité routière. L’année 2007, à elle seule, a connu la mort de 4000 individus qui ont péri sur nos routes. Soit 13 morts sont enregistrés chaque jour, et parmi les routes les plus meurtrière, la tristement RN05 qui traverse la wilaya de Bouira sur près de 101 kilomètres.

Hafidh B.

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