Afin de contribuer à son essor, la Maison de la culture de Béjaïa a décidé de lancer un cycle de représentations théâtrales des troupes amateurs de la wilaya, espérant susciter l’engouement du public envers le quatrième art.
Cette initiative vise surtout à susciter une prise de conscience chez les artistes sur la nécessité vitale d’élever le théâtre au rang d’une œuvre artistique à une véritable créativité de l’esprit. Jeudi passé, la troupe théâtrale de l’association Etoile culturelle d’Akbou, a eu le privilège de présenter un monologue intitulé Aâmara asegwah n tadarth interprété par Akli Tmazirt devant une assistance moyenne. A la fin de la représentation, un débat a eu lieu au salon d’honneur du même établissement autour du café et du thé, renouant ainsi avec la tradition des débats et échanges d’idées sur les œuvres artistiques dans une atmosphère conviviale. Plusieurs intervenants ont eu d’abord à déplorer la marginalisation des troupes de théâtre amateur d’expression amazighe dans la wilaya de Béjaïa, ce qui aggrave d’ailleurs la situation du quatrième art qui reste toujours à son éternel balbutiement. En réalité, font-ils remarquer, rien ne se fait pour améliorer la qualité des productions théâtrales des troupes amateurs en encadrant celles-ci par des professionnels du théâtre. La formation des comédiens amateurs laisse à désirer et les textes sont souvent dénués de leur structure dramaturgique. On confond souvent théâtre et sketchs au point où le public préfère tourner le dos à un art qui ne s’adresse ni à l’intellectuel et encore moins au large public. C’est à ce titre d’ailleurs que d’autres intervenants ont plutôt insisté sur l’importance de voir les troupes concentrer leurs efforts sur l’amélioration des productions théâtrales elles-mêmes tant celles-ci souffrent d’une faiblesse à tous points de vue, à telle enseigne qu’elle perdent le titre d’œuvre artistique. “Que les amateurs de théâtre sachent que la qualité première de l’artiste n’est pas de se lamenter sur le manque de moyens matériels et financiers, mais de chercher avec une constante obstination à améliorer la qualité de la création artistique d’abord. Si ce cap est franchi, à partir de ce moment-là, on pourra soulever les problèmes de moyens”, corrige un animateur associatif chevronné. Quoi qu’il en soit, il a été suggéré que si des troupes de théâtre amateur d’expression amazigh poursuivent leurs activités, dans la création et la présentation de leurs œuvres, le Café théâtre, une nouvelle activité que vient de lancer la Maison de la culture dans le style du café littéraire, dans la création et la présentation de leurs œuvres, maintiendra une régularité, envisageant même de tenir vers la fin du mois de juin, des journées théâtrales qui se renouvelleront au fil des années.
K. D.
