Aït Yahia Moussa est l’une des communes des plus déshéritées de la wilaya de Tizi Ouzou. En effet, même si cette municipalité a été créée depuis trente huit ans, aucune entreprise économique aussi petite soit-elle, n’y a été implantée. Par conséquent, les habitants de cette commune se déplacent ailleurs pour gagner leurs vie, mais ces dernières années, c’est l’exode.
« Que reste-t-il à faire ici ? », dit ce père de famille. Dans une virée dans le versant ouest au chef-lieu, l’ex-Oued Ksari, on a appris que des villages entiers sont abandonnés par leurs habitants. Ces derniers temps, les autorités locales ont pensé à inscrire des PPDRI en vue d’inciter les citoyens partis à y revenir, mais on croit savoir que l’autres continuent à fuir.
« Depuis l’avènement du terrorisme, nous avons perdu ce goût de vivre ici », nous a affirmé avec amertume un père de famille du village d’Ivouhrène.
Notre interlocuteur a raison quand on sait que des groupes terroristes y transitent quotidiennement pour se rendre vers le massif forestier de Sidi Ali Bounab, une forêt qui n’est qu’à quelques encablures des derniers villages de la commune d’Aït Yahia Moussa tels Chérifi, Virou et Tifaou.
Les jeunes de ce versant « émigrent » ailleurs. En tous cas, le dernier recensement général de la population et des habitations a montré tout de même que ces villages se dépeuplent de jour en jour. Qui va arrêter cet exode ? Telle est la question.
A. Mohamed