Un constat décevant qui surgit même aux yeux de ceux qui refusent de voir en cette période de vacances d’été. Deux mois de vacances en moyenne faites de longues journées du lever du soleil à son coucher. De quoi peuvent s’ennuyer même les morts. Certains jeunes écoliers, collégiens, lycéens, étudiants arrivent tout de même à esquiver à cette « tornade » de l’ennui en se trouvant un petit boulot temporaire (manœuvre dans un chantier, serveur dans un café, vendeur de cigarettes… etc) pour éloigner d’eux, l’ennui, le vice et le besoin. Mais la majorité des jeunes « traînent la savate » du matin jusqu’au soir et ont le temps de mourir plusieurs fois pour se retrouver dans l’enfer du vice. Un triste sort d’âme innocentes qui n’ont pourtant pas commis de pêchés pour mériter un tel sort. Cet état des lieux de la réalité de la vie des jeunes dans les villages et les zones rurales n’est pas un fait du hasard ni une malédiction. Il n’échappe à personne que cette situation morose vécue par ces jeunes dans les villages et les zones rurales n’est qu’une conséquence d’un manque de prise en charge effective des attentes de ces derniers. Des doléances qui ne peuvent être satisfaites que dans le cadre d’une politique du développement local en direction de la jeunesse. A la question de savoir ce que pensent ces jeunes à ce sujet qui les concerne : « C’est vraiment paradoxal. Les politiques du moins dans leur discours reconnaissent que nous sommes un frange majoritaire de la population (75%), une force vive et que nous représentons l’avenir de ce pays. Mais, malheureusement dans la réalité, nous sommes des oubliés des laisser-pour-compte. Personne ne pense à nous d’une façon concrète au delà des beaux discours développés sur la jeunesse » nous dira, Nacer, étudiant en sociologie. Kamel, un lycéen, enchaîne, juste après Nacer pour dire : « Dans notre village, c’est plein de cafés mais pas un cybercafé, un stade, une aire de jeux, une maison de jeunes, d’espaces d’activités culturelles et artistiques, pas de piscine au chef-lieu de la commune de Larbaâ Nath Irathen. Pas de voyages organisés ni d’excursions vers la mer et les sites culturels. C’est le vide absolu dans tous les domaines ». Hocine ajoute en disant : « Il ne faut pas oublier que les jeunes filles sont aussi concernées. Ces écolières, ces collégiennes, ces lycéennes, ces étudiantes au même titre que leurs camarades vivent encore plus durement ce problème puisqu’elles sont cloîtrés chez elles et ce jusqu’au mois de septembre. Il faut penser à elles si nous voulons bâtir une société moderne où l’égalité de l’homme et la femme sera consacrée ». Ben ! Oui, termine Hocine avec un sourire.
Hamid Meradji
