Pour avoir cruellement manqué de vision prospective, notre système éducatif a régulièrement brisé ses « vaisseaux » sur les récifs de l’inconséquence d’une gestion à la petite semaine. C’est une réalité amère, en effet, que ces fermetures en cascades des écoles à court… d’enfants.
Un phénomène circonscrit pour l’heure, certes dans les zones rurales, mais qui n’en trahit pas moins l’étendue du fiasco en rapport avec le chimérique équilibre villes-campagnes que les politiques successives de développement se sont proposées d’atteindre. Le CEM d’El Djemaâ dans la commune d’Ouzellaguen, illustre si bien les principes qui président à la réalisation de ce genre de projets font la part belle aux injonctions paternalistes déconnectées de la réalité du terrain.
Voilà moins de dix ans qu’il a ouvert ses portes que l’on en parle déjà, ici et là, de sa probable fermeture. Une fermeture qui, si elle venait à se confirmer, contraindrait les rares habitants de la région, encore accrochés à leur crêtes, à s’en aller par monts et par vaux pour trouver un collège où scolariser leur progéniture.
Nous ne serions pas mécontents de nous tromper mais tout concours, hélas, dans une parfaite synergie. Le déclin des natalités, valable pour toutes les régions du pays – et l’exode des populations, propre aux zones rurales, se posent ici avec une telle acuité qu’il ne serait pas hasardeux d’avancer que les jours du CEM d’El Djemaâ sont désormais comptés. Il ne totalise en tout et pour tout que quatre divisions pédagogiques (une par niveau) pour un effectif de moins de 90 élèves.
Les écoles primaires « pourvoyeuses » d’élèves de ce CEM base 6 (entendez 18 locaux pédagogiques) ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. La population scolaire autant que le staff pédagogique y sont réduits à leur portion congrue.
En définitive, on s’achemine inexorablement vers un « solde de tout compte » de la fonction éducative dans toutes ces contrées déshéritées.
N. Maouche
