D’aucuns parmi les agriculteurs, notamment les céréaliculteurs, s’accordent à affirmer que pour cette année, les récoltes sont très en deçà des espérances suggérées par une pluviométrie jamais égalée. Des paysans vont même jusqu’à avancer le mot sinistre. Un mot qu’il ne jugent pas exagéré et, surtout, suggère la nécessité de l’intervention de l’Etat en matière d’indemnisation. Cette “catastrophe” annoncée n’est pas essentiellement due au “piquage de la graine”, cette autre maladie qui vient de s’attaquer à l’épi (voir notre édition du 14/07/2005), puisque le mal n’a pas affecté les grands espaces et est, en plus, contrôlé. En fait, et de l’avis des paysans, l’eau qui n’avait pas arrosé l’épi au bon moment (mars, avril) est responsable de la situation. D’autres s’aventurent à avancer l’hypothèse selon laquelle l’eau et la neige tombées cette année pourraient être “acides”. Tout avancent des explications qui tiennent plus ou moins la route, sauf les laboratoires du ministère de l’agriculture. Ceci dit, comment expliquer que quelques fermes, notamment les fermes pilotes de l’Etat, s’en sont relativement bien sorties ? Cela voudra-t-il dire que les agriculteurs privés soient en partie responsables ? A vrai dire, nous explique-t-on, ces quelques fermes de l’Etat ont bénéficie d’un suivi technique assuré par la direction de l’agriculture. Ce qui n’est pas le cas s’agissant des agriculteurs privés, qui pourtant avaient signé un cahier de charges avec leur tutelle. En somme, ces agriculteurs, qui théoriquement auraient bénéficié d’un accompagnement technique, ont été livrés à eux-mêmes et au bon gré du ciel. Aujourd’hui, une menace pèse sur eux : ils pourraient ne plus bénéficier de l’aide de l’Etat, puisque, tel que spécifié dans l’engagement, leurs récoltes n’ont pas atteint le seuil exigé par l’administration.
T. O. A.
