»La révision du code communal s’impose »

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La Dépêche de Kabylie : Vous êtes à la tête de l’APC des Ouadhias pour le deuxième mandat consécutif, quel bilan dressez-vous du travail réalisé jusque-là ?

M. Hallou : La stabilité est nécessaire pour la municipalité pour qu’elle puisse inscrire le travail dans la continuité, car l’équipe en charge de la gestion pourra achever son premier plan d’actions et concrétiser les perspectives de développement.

J’ai officiellement géré le précédent mandat seul, mais cette fois-ci, nous avons une équipe dévouée avec un exécutif extraordinaire. Nous avons pu mener à terme tous les projets de l’ancien mandat. Je citerais à titre d’exemple le travail fait pour l’implantation de l’hôpital à Ouadhias, l’aménagement urbain qui a mobilisé beaucoup d’efforts, l’adduction de l’AEP de la ville des Ouadhias depuis Takhoukht via la RN 30, de Tagmount El-Djedid depuis Takhoukht, l’ovoïde, une opération extraordinaire, avec la volonté de tout le monde et surtout la continuité dans le travail. Je pense que même si je pars à la fin de ce mandat, les élus actuels s’inscriront dans la continuité.

Vous avez cité des réalisations pour le chef-lieu communal, quelle place occupe l’amélioration des conditions de vie des autres villages dans votre plan d’actions ?

Pour la ville, tout est presque pris en charge, quant aux villages, bientôt le plan d’actions sera mis en œuvre. Tous les besoins exprimés seront satisfaits.

Par exemple, pour les villages de Ouadhias, nous allons continuer le bétonnage des ruelles et le bitumage de toutes les routes. Nous sommes en train de construire un foyer de jeunes à Ouadhias village, l’antenne de mairie est fonctionnelle de même que l’éclairage public.

Au départ, nous avons paré au plus pressé, maintenant, nous allons améliorer le cadre de vie de nos concitoyens. Ainsi, nous allons initier une étude pour raccorder tous nos villages au gaz de ville.

Qu’en est-il justement du raccordement du chef-lieu de Ouadhias au gaz de ville ?

La ville est presque raccordée en totalité.

La commune des Ouadhias est concernée directement par le phénomène de l’habitat précaire, elle fait partie des APC auxquelles la Direction de l’urbanisme et de la construction avait accordé un programme de logement dans le cadre du plan RHP, où en est le dossier ?

C’est là une question très pertinente, j’ai effectivement pris part à la journée d’information organisée par la DUC. Dans ce chapitre, ayant trait à la résorption de l’habitat précaire, nous avons notre politique que nous essayons de mettre en œuvre et sans laquelle on ne peut pas avancer. Notre démarche consiste à éradiquer ces cités, construire sur site et recaser par la suite.

Avez-vous achevé le recasement des habitants de la cité Haffaf ?

Les habitants de la cité Haffaf ont été tous recasés.

Et la cité Abane Ramdane ?

Nous avons initié un projet de 70 logements qui seront réalisés en 2009 dans cette cité dans le cadre du RHP.

Justement les habitants de cette cité ont, à maintes reprises, posé le problème de l’amiante qui constitue un danger pour leur santé, que préconisez-vous pour mettre fin à cette contrainte ?

Je pense qu’il n’y a pas lieu de dramatiser. Tout est pris en charge. Nous avons opté pour une démarche juste et sereine. Nous allons tout de suite reconstruire des logements neufs et les mettre à la disposition du citoyen. Le problème de l’amiante ne se posera donc plus.

Qu’en est-il des projets de l’habitat inscrits au profit de la daïra des Ouadhias !

Effectivement, la daïra des Ouadhias a bénéficié d’un projet de construction d’un hôpital qui sera implanté pas loin de la zone industrielle. C’est un terrain qui s’y prête avec un emplacement géographique stratégique pour les quatre communes de la daïra. Il s’étalera sur une superficie d’environ 6 ha, le concours d’architecture est lancé par la DSP. C’est l’aboutissement des efforts des 4 P/APC qui ont contribué à cette initiative. Nous avons été assistés par M. Aïssat, ex-P/APC auquel nous rendons un grand hommage. Je déplore tout de même certains comportements.

Je dis seulement que s’il y avait eu des visées, je n’aurais jamais accepté la première assiette. Les autorités de wilaya ont opté pour un autre terrain qui est tout de même accessible à toutes les communes, surtout avec la construction de la rocade qui relie Tizi-N’Tleta- Aït Bouaddou et Agoune Gueghrane.

Le secteur de l’agriculture peine à se lancer dans une réelle dynamique, le PPDRI, entre autres programmes, connaît un grand retard, pour quelles raisons à votre avis ?

Effectivement, il y a des retards dans la concrétisation du PPDRI indépendant de notre volonté car l’APC n’est qu’un élément dans un ensemble. Notre travail a été fait, nous attendons le retour.

Il y a des choses qui ont été faites, il y a 8 bénéficiaires de quotas d’ovins, il y a quelques oppositions pour l’ouverture d’une piste que nous tentons de lever.

Justement, ces oppositions sont une sérieuse épine pour vous ?

Absolument ! c’est un drame que nous subissons au quotidien.

C’est quelque chose d’incroyable et on sait pas à qui profite tout cela, alors que tous les projets sont justement destinés à la population. Il est donc malheureux de constater que le citoyen s’oppose pour s’opposer, même si on arrive à lever les oppositions, mais cela nous fait perdre trop de temps.

Ne pensez-vous pas que l’élu local doit être doté de plus de prérogatives afin qu’il puisse intervenir efficacement sur le terrain ?

Tout a fait ! De nos jours, le citoyen est très exigeant. L’administration facilite les choses aux citoyens, ce qui rend le dialogue facile à entreprendre. Parfois, le P/APC fait tout, le garde champêtre, le policier… Peut-être qu’on gagnera beaucoup à accélérer la mise en place de la police municipale.

Cela passe nécessairement par la révision du code communal, non ?

La révision du code communal s’impose aujourd’hui en ce sens que les prérogatives du P/APC ne sont pas définies clairement. Il y a des empiétements. Il faudrait que les choses soient redéfinies par un code communal plus explicite avec des prérogatives élargies au P/APC.

C’est le cas de le dire pour l’emploi où l’APC n’a vraisemblablement pas une grande marge de manœuvre…

Oui, nous avons des instruments qui ne sont pas défaillants, le chômage est une pénible réalité. On s’attelle au quotidien à satisfaire la demande à travers les dispositifs de l’ANGEM, ENSEJ, DIAP, ESIL, IAIG, PID et autres. Nous sommes en train d’encourager l’investissement local pour booster l’emploi à Ouadhias.

Quelles sont les opérations retenues pour les PCD 2009 ?

Nous avons mis le paquet sur les urgences. Nous allons construire quelques clôtures pour securiser les édifices public tels que l’APC, la crèche. Il y aura aussi le bitumage des ruelles à Taguemount El Djedid et Ouadhias village (2e tranche) et quelques réseaux d’assainissement qui seront achevés. Je dois préciser que la cagnotte de 2,5 milliards alloués à l’APC des Ouadhias, n’est guère suffisante au vu des besoins colossaux exprimés par la population.

Entretien réalisé par A. Z.

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