»Mon seul concurrent est Abdelaziz Bouteflika »

La campagne électorale semble définitivement entamée par les candidats en lice, et ce, avant même les dernières décisions du Conseil constitutionnel qui décidera de la validation des candidatures ou de leur rejet. Ainsi, hier, c’était au président de AHD 54, Ali Fawzi Rebaïne d’organiser une conférence de presse au siège de son parti à Alger, afin de revenir sur les dernières décisions prises par le président de la République, et néanmoins candidat à sa propre succession, le programme de campagne de AHD 54…

Avant que M. Rebaïne n’entame son discours, le chef de file de AHD 54 a tenu à dénoncer les agissements de la directrice du CIP, laquelle, selon lui, « n’honore pas cette institution ».

L’incident a eu lieu la semaine écoulée, où le Centre international de presse a invité le candidat Ali Fawzi Rebaïne à une conférence de presse sans inviter… la presse nationale.

Sur un autre plan, le candidat de AHD 54 a dénoncé la censure dont il a fait objet suite à sa déclaration à la presse concernant le Conseil constitutionnel. Après avoir énuméré les taux de signatures réunies à travers les différentes wilayas du pays, Ali Fawzi Rebaïne a estimé que « le candidat Abdelaziz Bouteflika s’est lancé dans une campagne prématurée ». Par ailleurs, et tout en estimant que son seul concurrent est le président candidat, M. Rebaïne a souligné que les autres candidats ne représentent pas des concurrents. Se voulant très convaincant, il a ajouté qu’il fait face, dans cette campagne, à un président, qui est à la fois premier responsable de toutes les institutions, et candidat. Toujours dans le même ordre d’idées, il a indiqué que son parti est appelé à faire campagne « contre les moyens matériels énormes mis à la disposition du président, les moyens médiatiques, les institutions, y compris le Trésor public », a-t-il précisé.

Tout en s’inscrivant dans la franche opposition, M. Rebaïne, tout en gardant un brin d’espoir pour ces prochaines élections, a estimé que « sa candidature est une manière de représenter les couches défavorisées du pays ».

A propos des dernières décisions prises par le chef de l’Etat, en promettant une hausse du SNMG, M. Rebaïne s’est dit satisfait de la décision, à condition, a-t-il indiqué, « de maîtriser le marché, l’inflation… » Et d’ajouter que « l’Algérie a donné des garanties au FMI concernant la hausse des salaires ».

A propos de l’effacement de la dette des agriculteurs, il a souligné que cette décision a été prise en 2002, « mais sans apporter des résultats probants ». Abordant la commission nationale de surveillance des élections, le candidat de AHD 54 a souligné que les responsables de cette commission ont été désignés par le président-candidat. Pour M. Rebaïne, les observateurs ont pour mission de vérifier les listes et leur nombre est proportionnel au nombre de bureaux de vote existants. Tout en prenant à partie le système politique national, M. Rebaïne a estimé que le climat politique est pollué.

« La pollution du climat politique est un signe de mauvais augure pour l’activités politique et les libertés syndicales, individuelles… ». Sur ce point, M. Rebaïne a déclaré que son rôle « est celui d’opposant.  » Et d’ajouter que « les élections n’ont jamais été libres et transparentes en Algérie depuis 1962 ».

A un tel niveau de certitude, pourquoi se présente-t-on aux élections lorsque l’on est persuadé qu’elles seront entachées de fraude ?

Toute la question est là !

M. Mouloudj