«Tifra aurait certainement terminé une fois pour toute avec les gros problèmes qui empoisonnent la vie de ses habitants, si les comités des villages n’ont pas tous cessé leurs activités». Cet avis d’un citoyen du village est partagé par la majorité des villageois qui regrettent déjà les grands moments de solidarité et de mobilisation vécus par le village suite à la naissance des quatre comités des quartiers (Takhnakt, Azzellal, Tighilt, Taberjet). Gagnés par l’usure et quelque peu bouleversés par la parenthèse toujours ouverte du mouvement des Archs, ces comités, ont aujourd’hui, pour la plupart, mis la clé sous le paillasson. Cette «déroute» est évidemment mal perçue par les citoyens, surtout par les vieux qui craignent que le village ne soit abandonné à lui-même, là où il n’y a pas de responsabilité, c’est l’anarchie qui s’installe soutiennent-ils. Ce qui fait mal surtout aux villageois, c’est que tous les projets généreux engagés en 2001, qui tendaient à améliorer le cadre de vie, sont abandonnés et les projets réalisés, faute de suivi et de soins commencent à se détériorer. Situation très pénalisante qui n’a fait pour le moment, que faire réagir le comité «Tighilt» qui a procédé, comme nous l’écrivons dans l’une de nos éditions, au renouvellement de ses structures. Ce renouvellement n’est accompagné, pour le moment, d’aucune action notable qui puisse conclure que ce comité a retrouvé son punch d’antan. Et faute d’une prise en charge rapide, les problèmes auxquels font face les citoyens, ne font que s’entasser et se compliquer d’avantage. Eau, électricité, pistes… autant de domaines qui provoquent l’ire des citoyens et qui transforment leur vie à certaines périodes en véritable calvaire. Tous ces problèmes et beaucoup d’autres qui étaient pris en charge aux temps bénis de l’organisation des quartiers sont laissés aujourd’hui, à la volonté de Dieu. Si l’on s’en soucie, l’on s’organise pas pour autant, pour en venir à bout. Et les jérémiades pleuvent de partout. L’on se plaint de la situation hydrique, l’on grince des dents face à l’état de certaines pistes, l’on maugrée devant les risques que peut provoquer le réseau électrique… et la liste des récriminations est très longue pour être toutes citées ici «c’est vrai qu’on ne peut pas régler tous nos problèmes maintenant, mais les plus importants peuvent être pris en charge rapidement par la collectivité locale» et les problèmes qu’on appelle importants ici, peuvent être cités par n’importe quel quidam. Il s’agit en premier lieu du sempiternel problème d’eau. Mauvaise distribution, vétusté du réseau, pertes et gaspillages… Dans ce secteur, les réclamations sont multiples et diverses. L’espoir de voir satisfaire la demande avec le raccordement du village au réseau sectoriel est très grand, mais là encore, beaucoup de questions restent sans réponses. Cette eau, qu’on dit déjà de qualité inférieure, va-t-on la mélanger avec celle provenant des sources locales ? va-t-on construire un château d’eau spécialement pour ce projet ? Questions qui restent pendantes pour l’instant. L’autre sujet qui fâche, c’est le réseau électrique. «La ligne doit être refaite avec des fils torsadés», c’est vrai que la ligne actuelle est très dangereuse, puisque par endroits elle est très lâche et par d’autres, elle frôle les constructions labyrinthiques du village. Et ce n’est pas tout, en hiver, par temps de tempête, les fils s’entrelacent et provoquent d’incessantes coupures électriques. Concernant les pistes, les promesses tenues par l’APC, avant la naissance des Archs, de prendre en charge les pistes «Handoura» «Timguidecht» et «Ameyal» sont restées lettres mortes, et les désagréments qu’engendre l’état de ces pistes à ceux qui les empruntent quotidiennement, sont incalculables. Ces projets, s’ils seront pris en charge rapidement par la collectivité locale, amélioreront sensiblement le cadre de vie des citoyens, qui s’ils expriment leur colère ne cachent pas pour autant leur dérision durant la réalité des choses. «Une mairie sans maire, des villages sans djemaâ, des comités sans activités…»«Les temps sont durs mais on doit faire avec» soutiennent-ils avec philosophie.
Boualem B.
