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Pétards nocturnes

Il y’en a une grande variété tout au long des trottoirs. Les traditionnels vendeurs de cacahuètes et de cigarettes ont enrichi leurs étals avec une panoplie de produits pyrotechniques, alors que d’autres vendeurs s’improvisent à l’occasion.

On trouve bien sûr les pétards traditionnels, en petits bâtonnets plutôt sympathiques parce que presque inoffensifs et dont le bruit est, somme toute, supportable. Mais la nouveauté cette année est l’arrivée de produits pyrotechniques s’apparentant à des bâtons de dynamite proposés à 180 DA l’unité.

Leur explosion est tellement forte que beaucoup de personnes ont été surprises et abusées les premiers jours, croyant qu’il s’agissait de vrais coups de feu. On trouve aussi de petites bombes sonores, le mot “bomb” est d’ailleurs inscrit au-dessus de manière ostentatoire, à 200 DA.

Le marché des vendeurs de bruit est assurément lucratif, à voir le nombre d’acheteurs. Curieusement, les produits lumineux sont presque absents, la priorité étant donnée à ceux qui font beaucoup de bruit. Les jeunes sont bien sûr enchantés et ne se privent pas de provoquer un carroussel d’explosions, accompagnées de cris de satisfaction sans tenir compte le moins du monde de la gêne que pourraient ressentir les gens et également les adultes. Des gens de vingt ans et plus prennent plaisir aux explosions à répétition.

Certains pétards atterrissent entre les jambes des passants courroucés.

On joue avec le feu comme cette idée venue à un groupe de jeunes de jeter un pétard sur un camion de gaz, avant d’être dissuadés par d’autres, visiblement plus prudents ; évolution des mœurs juvéniles ou simplement amusement comme un autre ? Le Mawlid Ennabaoui, qui jadis était fêté par des bougies synonymes de lumière, est aujourd’hui annoncé à grand fracas de pétards. Mais c’est aussi peut être un moyen de sublimer les frustrations multiformes dans un quotidien où les loisirs et la culture sont presque absents.

M. Amarouche

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