Nonobstant sa situation stratégique à quelques mètres de la RN 12 et son relief offrant des possibilités de développement, le village des saints marabouts, Cheurfa, évolue dans une désolation inquiétante. Il est distant de 6 km à l’est du chef-lieu communal, Taourirt Ighil, et se réduit à un simple ensemble d’habitations dépourvues de tout ce qui est vital. Il compte approximativement 100 habitations où vivent près de 220 âmes. Il est doté de plusieurs infrastructures. Actuellement, on ne dénombre qu’une école primaire et une antenne de la mairie qui sont fonctionnelles. La salle de soins est dans un état d’abandon depuis plusieurs années, « pour un simple soin, je prends un taxi à 400 DA pour me déplacer à la polyclinique d’Adekar-Centre », nous dit un citoyen dépité. Le site n’attire que rarement les jeunes, ceux-là préfèrent s’adonner à leurs loisirs ailleurs. « J’aime mon village et surtout en période d’été où nous jouons des matchs de foot », nous dit un jeune émigré en France. Un étudiant intervient : « Notre village est marginalisé, pourtant il est le plus riche de la commune en eau, légumes frais, olives et espaces verts ». L’agence postale a été fermée au public il y a des années pour des raisons inconnues alors qu’elle peut être d’un grand apport aux sept autres villages. « Pour toute opération postale, je suis contraint de me déplacer à Tizi El-Korn ou ailleurs. Beaucoup d’autres agences postales rurales sont restées ouvertes dans plusieurs villages de la daïra, excepté la nôtre. Jusqu’à quand ? », s’insurge un villageois.
Et d’ajouter : « Le village est historique, nos maisons ont été détruites lors de la guerre, nous avons des chouhada et des moudjahidine ! Nous appartenons à l’Algérie !? »… A Cheurfa, l’enclavement est vécu comme un supplice quotidien. La longue attente laisse place à des coups de colère des résidants.
Dans la dernière étude de bureau exécutif de l’association du village, sur les critères démographiques dudit village, « les moins de 6 ans, nous avons 12,32% ; entre 6 et 12 ans,10,12% ; entre 12 et 40 ans, 30,87 % et enfin 46,69% pour les personnes âgées de plus de 40 ans », affirme le vice-président de ladite association. L’analyse de ces résultats veut dire que la plupart de la population, 30% de jeunes, veulent aussi voir leur village mieux doté en infrastructures et en moyens, sachant que plus de 25% de ces jeunes ont un niveau universitaire.
Menad Chikhi
