Actions concrètes ou folklore ?

L’Algérie, à l’instar des autres pays, a ratifié cette convention et compte, à ce jour, plus de 2. 000. 000 de handicapés qui disposent en théorie de cette convention internationale depuis trois ans pour défendre et faire valoir leurs droits. Ladite convention vise, en effet, leur promotion et leur protection sociale, culturelle, physique…

Les handicapés sont nombreux dans le monde. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), ils représentent plus de 386 millions de personnes en âge de travailler. Pour elles, le chômage atteint 80% dans certains pays. C’est donc la frange de la société la plus lésée.

Même si en Algérie, des progrès sont enregistrés (prise en charge pour les soins, allocation chômage…), il n’en demeure pas moins que sur le plan du travail, beaucoup d’efforts sont attendus des pouvoirs publics et des entreprises. Il n’est pas aisé pour un handicapé de trouver du travail digne de ce nom pour qu’il soit autonome matériellement et physiquement.

C’est pourquoi, la Journée nationale des handicapés vient nous le rappeler chaque année pour sensibiliser la société à mieux comprendre les problèmes liés au handicap et pour aider à mobiliser les énergies afin d’assurer le respect de la dignité, les droits et le bien-être des personnes handicapées. «Elle cherche également à sensibiliser le public aux bénéfices de l’insertion des handicapés dans tous les aspects de la vie économique, sociale et culturelle», ajoute le rapport de l’OIT.

Comment célébrer cette journée ?

Selon les recommandations de l’ONU, cette journée ne doit pas être folklorisée comme cela se faisait de coutume, mais elle sera une journée d’engagement effectif pour la concrétisation des normes et règlements internationaux relatifs aux personnes handicapées en variant les modalités d’organisation : forums, discussions publiques, campagnes d’information sur les questions du handicap… Il s’agit surtout d’agir en intégrant, par le travail, l’art, les handicapés aux sociétés dans lesquelles ils vivent. Les organisations étatiques, le mouvement associatif et les médias «ont un rôle significatif à jouer, pour mobiliser les soutiens pour cette Journée, mais aussi tout au long de l’année, en présentant de façon pertinente les progrès et les obstacles relatifs à la mise en œuvre des politiques, des programmes et des projets sur le handicap et en sensibilisant le public aux contributions des handicapés», ajoute-t-on dans le rapport de l’ONU… Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas ! Les handicapés sont les souffre-douleur des sociétés, notamment des sociétés en développement où ils constituent la cible privilégiée des guerres, des violences, de la famine et des maladies diverses et incurables. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux annuel de violence à l’égard des enfants handicapés est d’environ 10 pour cent de la population, soit 650 millions de personnes qui vivent avec un handicap. Ce chiffre est en augmentation, suite à la croissance de la population, aux avancées médicales et au processus de vieillissement. Des chiffres qui donnent froid dans le dos. Pourtant des pays comme les Etats-Unis ou La Russie qui n’ont même pas signé la convention, gaspillent des milliards de dollars dans des guerres et conflits aussi inutiles que destructeurs, peuvent à eux seuls éradiquer la famine et la misère dans le monde si cet argent est utilisé plus utilement. Ils pourront aussi réduire drastiquement les handicapés s’ils arrêtent d’envahir d’autres pays. Dans ces pays, ajoute l’OMS, un quart des handicaps sont dus à des blessures ou à des actes de guerre et trois enfants sont blessés et handicapés à vie pour chaque enfant tué. Ces enfants ont certainement besoin d’autre chose que des bombes et des balles !

B. Hakim