« Je suis disposé au dialogue »

La Dépêche de Kabylie : Sans détour, pouvez-vous nous livrer un état exhaustif de l’entreprise Electro-industries ?

Sans entrer dans le détail, depuis l’intervention des pouvoirs publics et les mesures d’assainissement dont a bénéficié l’entreprise, en novembre 2003 celle-ci a connu un second souffle et ne cesse d’enregistrer d’exercice en exercice des résultats d’exploitation positifs. Les indicateurs de gestion sont tous au vert, ce qui dénote la bonne santé financière de l’entreprise.

Ces résultats sont la résultante des efforts consentis par l’ensemble des travailleurs. Ces efforts se sont traduits par la régularité dans le versement des salaires et l’octroi de parts des bénéfices. A titre d’exemple pour l’exercice 2007, nous avons accordé des échelons à l’ensemble des travailleurs et une prime d’intéressement, au moment où beaucoup d’entreprises connaissent des difficultés pour assurer les salaires de leurs travailleurs. Ces résultats sont le fruit d’une gestion rigoureuse.

Mais avec tout cela, un conflit social est posé par le syndicat, quelle lecture en faites-vous ?

C’est vrai que l’entreprise connaît une instabilité depuis un certain temps, ce qui est regrettable.

Devant cette situation difficile, l’intérêt de l’entreprise se trouve au second plan, la mettant en difficulté par des mouvements de grève et de protestations injustifiés qui n’entrent dans aucun cadre légal, défiant ainsi les textes réglementaires régissant le droit de grève et le règlement des conflits.

Pour preuve, l’Inspection du travail garante de l’application de ces lois, avait à maintes reprises rappelé à l’ordre la section syndicale en lui demandant de se conformer aux textes réglementaires.

Justement, avec les débrayages enregistrés, quelle évaluation faites-vous des pertes générées et quelles incidences auront-elles sur la situation de l’entreprise et ses travailleurs ?

Au moment où l’entreprise a enregistré un très bon résultat au terme de l’année 2008, ce qui profitera certainement aux travailleurs, celle-ci patine en ce début d’exercice 2009 à cause de ces débrayages répétés et du climat vicié. Cette situation d’instabilité influera sans aucun doute sur les résultats de l’exercice en cours.

A titre d’exemple, uniquement pour la première quinzaine du mois de mars, l’entreprise a enregistré un manque à gagner de six milliards de centimes; les clients ne sont pas satisfaits de la prestation à cause de ces perturbations. Devant cette situation qui se dégrade de jour en jour, la sagesse doit reprendre le dessus afin que l’entreprise puisse fonctionner normalement et éviter ainsi la perte de sa clientèle et des parts de marché arrachées durement en cette période difficile.

Pour revenir au conflit social, est-ce que le dialogue que vous avez mené a été porteur et où se situe le blocage ?

Pour revenir au dialogue, j’étais et je suis toujours disposé au dialogue comme je l’ai réitéré à chaque occasion.

Ce n’est pas un vain mot mais c’est une conviction, parce que c’est par le dialogue que tous les problèmes posés trouveront leurs solutions. Quant à la deuxième partie de votre question concernant le blocage, après la réunion tenue à Alger le 8 février dernier en présence des membres du directoire de la SGP CABELEQ et des représentants de l’UGTA et la section syndicale, il a été recommandé aux deux parties de relancer le dialogue sur la base de la plateforme de revendications. Suite à cela, j’ai convié le partenaire social à une réunion pour débattre de cette dernière. Malheureusement, le syndicat a décliné cette invitation en la conditionna par la présence du président du directoire SGP CABELEQ et des membres de l’UGTA.

Le syndicat demande votre départ, cela relève-t-il de ses prérogatives et est-il soutenu par l’ensemble des travailleurs ?

Pour être bref, même du temps de la GSE, la nomination ou la révocation d’un directeur général était du ressort des pouvoirs publics.

Actuellement, vous savez aussi bien que moi que le DG est nommé par l’organe de gestion conformément au code du commerce.

Ceci est aussi valable pour le DG qui ne peut nommer ni révoquer le syndicat de l’entreprise. Quant à la deuxième partie de votre question, je vous invite à venir le constater par vous-même.

La plateforme de revendications du syndicat peut-elle connaître une satisfaction qui irait dans le sens d’un dénouement de la crise ?

Qui irait dans le sens de l’apaisement du conflit par la prise en charge des revendications.

Je ne cesserais de le répéter : je suis disposé au dialogue responsable et constructif autour des questions légitimes et fondées contenues dans la plateforme.

Qu’en est-il du rôle et de la position des pouvoirs publics et des institutions concernées par le conflit ?

Les parties concernées, en l’occurrence le directoire SGP CABELEQ, le conseil d’administration et les insistances de l’UGTA, sont préoccupées par cette situation et suivent de très près son évolution.

Votre dernier mot…

Je souhaite de tout cœur un dénouement rapide de la crise et que l’entreprise retrouve sa sérénité pour le bien de tous les travailleurs et de la région.

Entretien réalisé par Khaled Zahem