Le poisson hors de prix

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Autrefois, l’été était la saison du poisson, notamment de la sardine que l’on achetait presque tous les jours, tellement le prix était bas. De la sardine, on en mangeait frite, grillée, en boulettes et en escabèche. L’escabèche en Algérie en abrège en scabéche – C’est de la sardine ou un autre poisson que l’on fait mariner dans une sauce où on a mis à cuire des oignons, de la tomate, des poivrons et que l’on épice généreusement… L’odeur du poisson remplissait les cages d’escalier et se mêlait à celle des pommes de terre frites. La pomme de terre, un autre produit bon marché qui faisait, avec la sardine, le plat du pauvre… A Béjaïa, à Tigzirt, à Azeffoun, à Dellys, villes côtières, le poisson était à très bas prix. A Tizi Ouzou, à Draâ El Mizan ou à Chemini, où il faut l’acheminer de loin, il coûtait un peu plus cher, mais partout il était abordable et les familles nombreuses pouvaient s’en régaler à prix très raisonnable. Hélas, ce n’est plus le cas aujourd’hui ! Non seulement les poissons de “luxe” comme le rouget ou le merlan sont hors de prix, mais la sardine, la vulgaire sardine, le poisson du peuple, se fait cher. Très cher même pour la saison… Pas moins de cent dinars le kilo et quand on en trouve à soixante ou à quatre vingt dinars, c’est généralement la sardine de rebut : écrasée, minuscule ou alors pas très fraîche… Combien de gens croyant faire une bonne affaire trouvent à la sardine cuite un goût acide ou alors, après l’avoir mangée, sont pris de nausées ou de diarrhées aiguës ? C’est l’intoxication, l’hôpital parfois et au bout la souffrance et l’angoisse ! Les poissons auraient-ils déserté nos côtes pour qu’ils se fassent aussi rares et aussi chers ? Ou alors est-ce les pêcheurs qui ne travaillent plus suffisamment, Entre les deux, il y a comme une odeur de spéculation… Une odeur qui sent le poisson pourri !

S. Aït Larba

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