De quelque côté que vous tourniez la tête vous ne verrez que fumées et flammes insatiables qui n’en finissent pas de ravager les maquis avoisinants. Depuis, maintenant plus d’une semaine, un épais brouillard de fumée s’est abattu sur la région et réduit considérablement la visibilité. La chaleur du soleil ajoutée à celle dégagée par les forêts qui brûlent finit par assécher l’air pour le rendre irrespirable, ce qui a pour conséquences d’incommoder beaucoup de vieillards et d’enfants en bas-âge. Quand aux asthmatiques, ils vivent le calvaire. Les gens étouffent et leurs conversations sont focalisées sur la canicule. Les fontaines sont prises d’assaut et les vendeurs de glaces ou autres produits frais se frottent les mains.Sur la route menant de Larbaâ Nath Irathen à Michelet, le paysage est subitement éclairci de sa végétation au point que le voyageur étranger doit se demander s’il est sur une route de montagne ou sur celle des hauts plateaux, en route vers le Sahara. Le désert est en train de s’installer. Toutes les collines ont été “visitées” par le feu. Il ne reste que quelques buissons épargnés, comme par miracle, et quelques cadavres d’arbres calcinés, mais toujours debout. Sinon rien ne témoigne que ces lieux étaient, il n’y a pas si longtemps recouverts d’une végétation dense. Les pentes dénudées recouvertes de rochers laissent paraître des ravines creusées par la force de l’eau que rien ne retient. Nous ne pouvons nous empêcher de penser à un paysage lunaire.Cette année le feu a atteint d’autres zones boisées, épargnées les années passées. Il est en train d’achever le travail de destruction entamé par la neige. Le plus dramatique est que cette déforestation à laquelle nous assistons depuis déjà longtemps, laisse indifférents ceux qui doivent penser au reboisement. Ce n’est pas les quelques sujets plantés, durant la Journée internationale de l’arbre qui vont remplacer les milliers d’autres détruits chaque été. Partout où nous sommes passés, que ce soit à Draâ El Mizan, à Michelet, à Mekla, à Azazga ou ailleurs, la situation est la même : les forêts ont déjà disparu.
Nacer B.
