Ce citoyen est étonné que le prix d’un sac de ciment de cinquante kilogrammes atteigne en l’espace de quelques jours quatre cents dinars alors qu’il était, deux jours auparavant, fixé à moins de trois cent vingt dinars.
Effectivement, la baisse subie par le rond à béton est compensée par la hausse du ciment.
Pour notre interlocuteur, à chaque fois que les différents chantiers atteignent une certaine cadence, les spéculateurs trouvent un moyen de faire augmenter les prix des matériaux.
« On nous dit que l’usine de production de ciment de Sour El-Ghozlane est en panne ; c’est archifaux. Il ne suffit que de voir le nombre de camions de gros tonnage chargés de ciment transiter par Draâ El Mizan, pour mettre à nu ce genre de subterfuge », a signalé au passage un autre intervenant.
Pour ce dernier, il n’y a aucune stabilité du marché. Des chevauchements inventés interviennent dans les différentes opérations.
« Si ce n’est pas le rond à béton, c’est le ciment ou encore la sable tamisé », a enchaîné un troisième citoyen. Aucun ne peut contrôler cette situation. « Vente libre ! », s’est exclamé un autre citoyen.
En tout cas, certains pensent qu’avec le début de la saison chaude, ces matériaux ne feront qu’augmenter. Même les entreprises de réalisation de logements ne trouvent pas leur compte.
« Au lancement d’un projet quelconque pour lequel on a soumissionné pour une telle enveloppe, en cours de réalisation d’autres facteurs interviennent pour fausser nos calculs. Et les acquéreurs nous harcèlent et nous demandent de les achever dans les délais.
Au mois de mai de l’an dernier, nous avons payé un quintal de rond à béton à presque dix mille dinars pour certains diamètres, aujourd’hui, il est vendu à quatre mille dinars.
Comment faire nos calculs ? Sur quelle référence ? », s’est interrogé un entrepreneur.
Amar Ouramdane
