Le métier de forgeron en voie de disparition

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Comme bien d’autres activités artisanales, le métier de forgeron est promis à un avenir incertain. Dans la région d’Ouzellaguen, ils ne sont plus qu’une poignée à s’échiner encore à perpétuer un art et un savoir-faire voués à la perdition. “Les générations montantes sont peu intéressées par ce créneau. C’est à l’Etat qu’il incombe de sauver ce métier en investissant dans la formation”, estime Ahmed Aït Idir, un forgeron d’Ighzer-Amokrane. Dans sa famille, on est forgeron de père en fils : “Il faut s’y prendre dès son jeune âge pour pourvoir apprendre les rudiments du métier”, nous dira notre interlocuteur, qui s’est lui-même… forgé sur le tas.

Aujourd’hui, aâmi Ahmed, 70 ans au compteur et toujours bon pied bon œil, est au firmament de son art. Réformer, dégauchir, fabriquer (sur commande) des outils… rien n’a de secret pour lui dans ce métier, qui requiert force physique et dextérité à la fois. Cependant, déplore notre artisan : “Il y a un rétrécissement du marché depuis la disparition de la paire de bœufs du monde paysan, car la fabrication et la réparation des araires étaient nos principales activités. Il y a aussi, se désole-t-il, la cherté du charbon qu’on paie à raison de 80 dinars le kilo, bien entendu quand il est disponible, ce qui n’est, hélas, pas toujours le cas”. En fait de combustible, M. Aïit Idir utilise non pas du charbon, mais du coke métallurgique. Interrogé sur la rentabilité de son métier par ces temps d’inflation galopante. Il estime que ce n’est pas la voie la mieux indiquée pour “faire fortune”.

N. Maouche

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