Ces habitants ont dû d’abord fuir leur village suite à la recrudescence du terrorisme en 1995.
Situé non loin d’Ighzer Oumenchar, fief des hordes intégristes qui écumaient les maquis, ce village fut l’objet d’ «incursions nocturnes des terroristes qui venaient s’y approvisionner. On nous demandait des produits alimentaires, des vêtements, des couvertures, mais aussi de l’argent. En l’absence de la sécurité, on n’en avait pas le choix que de se soumettre à leur diktat», nous a confié L. Chaâbane, un citoyen qui se rappelle avec amertume de cette époque. Des années après, quelques familles ont relevé le défi, l’arme à la main, et sont revenues dans leur village. Tandis que des dizaines d’autres ont préféré s’installer ailleurs, laissant derrière elles leurs maisons et leurs biens.
Aujourd’hui, ces villageois sont contraints de parcourir un détour de 26 km, en passant par quatre localités pour regagner le chef-lieu de la commune pour se faire délivrer un extrait de naissance, c’est un véritable parcours du combattant !
La route qui les relie à leur commune est une piste héritée d’une époque lointaine, d’autant plus que son état est déplorable.
Aïssa, un vieux de 66 ans, nous déclare : «Nous avons adressé des centaines de rapports aux autorités, à tous les niveaux mais en vain. A l’occasion des échéances électorales, on essaye de faire croire que notre village sera un paradis !». M. Mohand, un ex-directeur retraité, rajoute : «Notre village a consenti des sacrifices énormes pendant la guerre de Libération, pour souffrir ensuite du calvaire islamiste au cours de la décennie noire». La majorité des citoyens vit de la cueillette d’olives, et se chauffe avec les noyaux d’olives triturés durant tout l’hiver.
Pénible souffrance ; privée de gaz, d’eau potable, de goudronnage de routes, d’éclairage public… Chriaâ «touche le Smig», ironise un citoyen.
L. M.
