Le débrayage largement suivi

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Une grève qui risque de persister, si les revendications de cette corporation ne seront pas prises en charge.

Le taux de suivi avancé par le Pr. Rachid Belhadj, SG du Snmasm, au deuxième jour de la grève, est estimé à 95% à l’échelle nationale. Ce dernier a exprimé sa satisfaction quant au taux de suivi en précisant que « ce taux ne reflète que la détermination de cette corporation jusqu’à avoir gain de cause ».

Il nous a, par la suite, affirmé que « les hospitalo-universitaires de la wilaya de Tlemcen, qui n’ont pas rejoint le mouvement samedi dernier pour éviter des perturbations dans le secteur de la santé durant la venue du président-candidat, nous ont rejoints en ce deuxième jour de grève comme convenu ».

Cette conjoncture ne semble pas tirer à sa fin du moment que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière lui-même a rejeté toute responsabilité en mettant en cause le Premier ministre. En effet, tout en reconnaissant la légitimité des revendications exprimées par les grévistes, le ministre de tutelle avait précisé que « le dossier n’est plus de son ressort ». Rappelons toutefois que le ministre qui intervenait samedi dernier sur les ondes de la Radio nationale, a révélé qu’il s’est engagé par écrit à verser cette prime aux concernés, tout en leur expliquant que le dossier  » n’était plus de son ressort, mais de celui du Premier ministre « . Toutefois, les grévistes ne comptent pas faire marche arrière et se disent plus que déterminés à aller jusqu’au bout. Sur le terrain, un large mouvement de grève a été observé hier dans la majorité des CHU du pays. Ceci dit, les maîtres-assistants, les docents et les professeurs ont été nombreux à répondre à l’appel des deux syndicats.

Toutes les consultations et les interventions prévues pour la journée d’hier ont été reportées, tandis que les activités de soins ont été paralysées. Il y a eu grève également dans les différents services (gynécologie, neurochirurgie et maxillo-facial…). Néanmoins, le service minimum a été assuré par cette corporation.

En ce qui concerne par ailleurs, la grève illimitée dans l’enseignement supérieur, tous les examens et concours dans les différentes facultés de médecine ont été également boycottés. Il y a lieu de rappeler, en outre, que ce mouvement de protestation intervient après le retard enregistré par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, dans l’octroi de la rétribution qu’il a promis à cette corporation.

Le syndicat national des psychologues (Snapsy) a entamé hier le débrayage de cinq jours prévu du 22 au 26 mars prochain.

Quant aux médecins affiliés au Syndicat national des praticiens de la santé publique, qui sont en grève illimitée depuis le 24 février dernier, ils ont tenu un sit-in devant le centre de santé dans la wilaya de Tipaza pour dénoncer les pressions que subissent les praticiens du chef-lieu de wilaya par les administrations sanitaires. Ces dernières ont opéré des ponctions sur salaires de 16 jours pour les grévistes.

Toutes ces actions montrent que le secteur de la santé traverse vraiment une zone de turbulence, tandis que le ministre de tutelle a lui-même reconnu son impuissance à répondre favorablement à leurs revendications.

Ainsi donc, et devant cet état de fait, les pouvoirs publics doivent réagir avant que cette situation ne s’aggrave, étant donné que ces mouvements de protestation portent préjudice en premier, au malade algérien.

Lemya Ouchenir

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