« C’est une succession de diffamations et d’accusations gratuites »

Au moment où les assemblées communales commencent à se débloquer à la faveur de compromis trouvés entre les élus, celle de la commune de Oued Ghir se trouve depuis quelque temps dans une situation conflictuelle. Ici la version de Boualem Ayad, président de l’APC, contre lequel une motion de retrait de confiance a été signée par les deux tiers de son assemblée.

La Dépêche de Kabylie : A quand remonte cette situation conflictuelle ?

Boualem Ayad : Depuis notre installation, les problèmes ont commencé à surgir au sujet de la désignation de l’exécutif. Je me suis rapproché de tous les élus pour trouver un terrain d’entente dans l’intérêt suprême de la commune malgré la composante mosaïque de notre assemblée qui se compose d’élus de sept listes pour neuf sièges. Les deux élus du FLN avaient refusé d’être dans l’exécutif mais j’ai pu trouver un terrain d’entente avec l’élu du FFS et un autre élu indépendant qui ont accepté de composer avec moi. L’élu du RCD avait été désigné délégué spécial chargé des constructions scolaires et de l’habitat rural et enfin celui du RND a été nommé délégué communal pour l’antenne de Mellala.

Justement ce dernier dénonce le fait que vous lui avez suspendu sa ligne téléphonique et son salaire depuis longtemps…

Il avait démissionné le 2 août des commissions permanentes et il n’assumait plus sa tâche depuis cette date. J’ai attendu jusqu’à la fin du mois de septembre pour qu’il revienne à de meilleurs sentiments, mais en vain. Et ce n’est qu’à ce moment que sa suspension a eu lieu. Je ne pouvais pas utiliser les deniers publics à tort et à travers, par conséquent je ne pouvais pas payer quelqu’un qui ne travaille pas.

Selon les contestataires, vous auriez refusé leur demande d’une session extraordinaire comme le stipule l’article 15 du code communal, à savoir à la demande du tiers des élus…

Je n’ai jamais refusé une quelconque session. Et en tant que premier responsable de la commune, j’ai la responsabilité de veiller à l’application de la loi et je ne pouvais donc la violer en premier. Par contre, j’ai aussi la responsabilité de l’ordre du jour et les points proposés par les élus doivent être approuvés par l’assemblée alors qu’eux ils veulent m’imposer les leurs sans tenir compte de ce que dit la loi.

Qu’en est-il du P. -V. dressé en présence d’un huissier de justice relatif au retrait de confiance demandé par les deux tiers de votre assemblée ?

Il est intervenu postérieurement à l’arrêté de substitution signé par le wali en février lequel transfère tous les pouvoirs de l’assemblée au chef de daïra. Ils ont commencé par désapprouver toutes les délibérations pour arriver à ce retrait de confiance. Heureusement que la tutelle est tout le temps intervenue pour approuver les délibérations portant sur les salaires des travailleurs lesquels ont failli être les otages de ces gens qui se disent élus par les populations dont font partie ces mêmes travailleurs de la commune.

Et concernant les 18 griefs retenus à votre encontre par ces élus ?

C’est une succession de diffamations et d’accusations gratuites. On me reproche d’avoir rapproché la bibliothèque communale de quatre écoles, à savoir un lycée, deux CEM et un centre de formation ou encore d’avoir aidé le président de l’APC d’une commune voisine alors que lui-même nous avait prêté assistance bien avant cela lorsque nous avions des difficultés en alimentation en eau potable. Pour ce dernier, je ne suis intervenu lors des intempéries pour rouvrir la RN75 qu’après avoir fait le tour de ma commune laquelle n’était pas menacée ou encore d’un cousin lequel a été investi de ses responsabilités par mes prédécesseurs. Je rejette en bloc tout ce tissu de mensonges.

Entretien réalisé par A. Gana