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Retour aux travaux des champs

Après une longue période où les gens avaient abandonné leurs champs, peu rentables, disait-on, nous assistons ces dernières années au phénomène inverse, un vrai retour au bercail.

Les temps durs incitent les propriétaires d’oliveraies à rentabiliser leurs terres, délaissées jusqu’à maintenant. Les nouveaux paysans sont pour la plupart des retraités ou des fonctionnaires qui trouvent dans le travail de la terre un moyen plutôt agréable, d’arrondir leurs fins de mois.

Ils semblent d’ailleurs se plaire dans ce passe-temps qui, grâce au cycle des saisons, ne leur donne pas le temps de s’ennuyer. Au nettoyage des oliveraies, du début de l’automne, succède la cueillette des olives qui tient en haleine toute la famille jusqu’au mois de mars. Cette année, les travailleurs de la terre ont été récompensés par une récolte hors du commun. La nature a été généreuse et “il reste encore des olives aux champs”, nous dit un fellah qui veut insister sur l’importance de la rente de cette année.

D’ailleurs, bien que nous soyons en avril, les pressoirs fument toujours et ne sont pas près de s’arrêter. Ils continueront de travailler tant qu’il restera des olives à écraser.

Les quantités d’olives ramassées sont telles que pour entrer en possession de leur huile, les paysans doivent attendre leur tour. Au moment où ils pensaient enfin se reposer, les fellahs sont pris de court par l’arrivée de la période des greffes. En ce moment, c’est encore la ruée vers les champs. Sur les hauteurs, c’est le cerisier qui domine, particulièrement dans les endroits humides. Lorsqu’on sait que la cerise se raréfie de plus en plus, son exploitation ne peut que valoir des satisfactions à ceux qui en ont. Plus bas, vers le fond de la vallée, c’est le domaine de l’olivier roi. On ne peut laisser l’oléastre (l’olivier sauvage) occuper inutilement le terrain.

D’aucuns vous diront que même si “le champ” demande beaucoup d’efforts, on est récompensés en conséquence. Ce ne sont pas ceux qui engrangent des centaines de litres d’huile qui nous contrediront.

A. O. T.

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