Le calvaire des voyageurs du samedi matin

A Souk El Tenine et ses environs, pour rejoindre Tizi Ouzou et arriver à destination à l’heure, il faut réserver sa place le vendredi soir car il est pratiquement impossible de trouver une place, surtout si vous n’aimez pas les bousculades et le corps à corps ; quant aux femmes, les chances de monter dans un fourgon sont quasi nulles le samedi matin. En effet, chaque samedi que Dieu fait, on voit sur la place du centre-ville une foule de voyageurs (des dizaines, voire des centaines) qui attendent les fourgons qui ne remontent pas de Tizi Ouzou.

Il faut signaler que les bus n’existent plus. Alors, dès qu’un fourgon pointe à l’horizon, il est immédiatement envahi par une marée humaine, ce qui entraîne des altercations entre les voyageurs toujours pressés et bien sûr cela profite aux pickpockets. Nadia, une jeune étudiante approchée, nous dira : « Samedi matin c’est le calvaire, les transporteurs ne pensent qu’à amasser de l’argent».

Un autre jeune, Smaïl, nous apprendra que « pendant les examens, je rentre à la cité le vendredi soir, sinon mon année risque gros ». Pourquoi priver ces jeunes d’une nuit supplémentaire et conviviale chez eux, surtout lorsqu’on sait les conditions d’hébergement dans les cités universitaires ? Bien sûr, les transporteurs peuvent bien faire un geste une fois par semaine, cela ne va certainement pas les ruiner ! Quant aux autorités, mettre des bus pour permettre à tout le monde de rejoindre sa destination à l’heure n’est pas chose facile, mais là encore, ça doit être une toute autre histoire.

Hocine Taïb