Mouldiouane, la banlieue champignon

Mouldiouane a longtemps attendu, aux portes de la ville, que la chance ou les autorités lui donnent l’occasion de prendre sa revanche sur le sort.

En effet, à l’Indépendance c’était tout juste un lieu-dit composé de quelques huttes en roseaux, en tôle, en zinc, habitées par des marginaux que la guerre avait appauvris. Accroché aux flancs des monts de Sidi Ali Bounab qui descendaient doucement vers la plaine du Sebaou, Mouldiouane était limitée au nord par l’oued Bougdoura et la voie ferrée Alger-Tizi Ouzou, une petite colline la séparait à l’est de la plaine de Tadmaït.

Sous les effets conjugués de la crise du logement et de l’exode rural, le petit hameau à l’entrée de l’ex-Mirabeau, va connaître une expansion rapide et désordonnée.

Frustrée et rejetée par la ville, sa population nageait dans la boue et la poussière. Problèmes d’eau potable et d’assainissement, mais surtout d’électricité. Car, paradoxalement, elle a attendu les années quatre-vingts pour voir enfin la lumière arriver.

Cette situation malheureuse a fait pendant des années naître un sentiment de rancœur chez les habitants qui s’en souviennent encore. Le déclic va être opéré par l’opération de lotissement et de distribution de lots à bâtir aux citoyens. Des centaines de maisons vont être rapidement construites et habitées à la hâte.

De même que la naissance d’une zone d’activité va attirer diverses entreprises qui implanteront des unités industrielles, une minoterie, une imprimerie… Ainsi, comme toute ville nouvelle, elle va connaître de gros problèmes d’infrastructures et de services.

Si l’eau et l’électricité sont disponibles, le réseau routier demande une intervention urgente. De même que malgré la solution récente au problème du transport par l’ouverture d’une navette de fourgons, les habitants se plaignent de l’absence d’unité commerciale, de marchés, d’annexes de l’APC, d’agence postale…

Car, Mouldiouane le village, fait partie du passé, à présent, il a des besoins et des problèmes.

B. A.