Site icon La Dépêche de Kabylie

Aucune sortie de crise en perspective

Plus de trois semaines après l’entame de la grève des employés de l’entreprise italienne «Todini», chargée, à l’instar d’autres entreprises étrangères, de la réalisation des travaux de certains tronçons de l’autoroute Est-Ouest, la situation se radicalise davantage. Pour rappel, le débrayage a été initié le 24 mars dernier alors que le ministre des Travaux publics était en visite de travail sur place. Amar Ghoul qui avait insisté sur les délais de l’achèvement des travaux, a fixé un délai d’un mois pour la livraison du tronçon de 5 km reliant Bechloul à El-Adjiba. Depuis, il faut dire, l’entreprise en charge de ce tronçon n’a pas avancé d’un pouce.

Ce mouvement de grève a été déclenché, dit on, «tant la coupe était pleine» et la décision fut approuvée «à l’unanimité» par les employés de cette entreprise. En conséquence, 382 travailleurs refusent de reprendre le travail et maintiennent cette grève depuis le 24 mars. «Sans satisfaction effectives de nos revendications, le débrayage ne finira pas», déclare le syndicat. Rappelons que l’essentiel de la plateforme des revendications porte sur : les œuvres sociales réclamées depuis 2003 et dont une demande a été adressée, il y a 3 mois, à la direction de Todini pour en avoir un rapport détaillé mais en vain. Ces travailleurs exigent aussi de leur entreprise de les indemniser sur les journées de récupération qui auraient atteint 66 jours. Par ailleurs, l’accord conclu le 21 décembre 2008 entre le syndicat et la direction n’aurait pas été respecté par cette dernière. L’accord en question stipule que la compression d’effectifs de l’entreprise est impérativement soumise aux négociations entre les deux parties. A cet effet, ajoutent les syndicalistes, la direction de «Todini» procède unilatéralement aux licenciements jugés arbitraires des ouvriers sans préavis de fin de contrat. Ces grévistes, dont la colère était perceptible hier matin, se plaignent également de la précarité des conditions de travail et l’absence d’un médecin. «Le seul médecin assurent uniquement les consultations pour les ouvriers étrangers et de quelques responsables de la direction.» témoignent des grévistes.

En somme, désengagement, dépassement des règlements et conventions de travail, sont autant de causes qui sont à l’origine de l’ébullition.

Notons que face à cette grogne, la direction de «Todini» a choisi de déposer trois plaintes à l’encontre des grévistes. Et cela, pour «illégitimité de leurs revendications».

Cependant, les employés ont tenu, haut et fort, à réaffirmer leur détermination à poursuivre la protesta tant que leurs revendications ne sont pas prises en charge.

«Devant ce mépris affiché par Todini et la sourde oreille des autorités concernées, seule notre persévérance paye !» nous confie un des ouvriers grévistes. Ces derniers affirment à l’unanimité qu’ils ne sont pas prêts à abdiquer ni à reprendre le travail sauf si leur direction daigne répondre favorablement à leurs revendications et ouvre des négociations. En outre, on nous apprend que ce syndicat compte introduire une plainte contre leur entreprise dans les jours prochains.

L. M.

Quitter la version mobile