Le public algérien du Canada va être subjugué par ces deux étoiles qui vont enflammer la scène artistique, Hacen Ahres pour sa part va participer avec un riche répertoire où. Il fera revivre les années 80, ainsi, l’enfant prodige de la grande Kabylie, a chanté l’amour dans une société kabyle qui ne s’est jamais départie de tout conformisme. L’artiste a su plaire, à ses débuts, à une jeunesse pas toujours assouvie dans son désir de liberté. Comme il a touché à l’engagement pour réhabiliter la culture amazighe ; lui aussi s’est révolté contre un ordre qui ignorait les petites gens ; lui aussi a chanté l’olivier et la femme kabyle….. Tizlit icebhit usefru (du matin au soir l’ode…..) : l’une des ses nouvelles chansons révèle que l’artiste n’a pas changé d’un iota. Car il avoue ce que tout le monde sait, que pour durer “il faut opter pour la chanson à texte”, insiste-t-il. La voix, de ce natif de Larbaâ Nath Irathen à Tizi Ouzou, est reconnaissable parmi mille autres. Qu’on s’y attarde et c’est toute une période qui revient. Ahrès s’est fait connaître par ses mélopées qui parlent d’amour déçu. Tavrats bwul (la lettre du cœur), est une chanson qui résume toute la trame qui parsème ses opus. Il est obsédé par cette envie de se relever, de sortir glorieux des déceptions de la vie, notamment celles de l’amour. Il est parmi les grands artistes qui ont vite fait de s’éclipser et choisir d’autres genres musicaux. Dans les premiers albums, les œuvres de Yasmina étaient quasiment autobiographiques. On se souviendra du premier album A Lqadi où elle adjure le juge de lui arracher un jugement de divorce pour fuir la fêlure d’un mari noceur et négligeant. Yasmina déplore plus tard d’avoir été abandonnée par l’homme abject auquel elle se livra corps et âme. Elle chante sur la belle-mère jalouse, sur ses enfants qu’elle doit élever toute seule, sur sa solitude et les convoitises des monstres aux visages d’anges, sur la douleur qui s’éternise sur les larmes qui ne sèchent pas, sur le sourire qui a déserté ses lèvres, sur l’amour qui est un paradis dont la porte de sortie est un enfer. Yasmina, comme une bougie qui brûle, fait le bonheur de milliers de fans, grâce à son malheur. Les tonnes d’émotion que laissent exprimer ses chansons n’auraient jamais vu le jour sans le triste sort qui lui a pris la main pour l’accompagner dès son très jeune âge sur son chemin long et périlleux mais combien glorieux. Elle a débuté en 1989, ses chansons plaintives, exécutoire, expriment la douleur de la femme en général ; elle est une véritable ambassadrice d’une frange de la gent féminine… Elle a pu se faire un nom parmi la panoplie d’artistes que compte la chanson berbère. Son parcours est jonché de déceptions, et de rancœur. Elle a pu les rapporter et les associer à des notes de musique et des paroles pour en faire de belles mélodies, qui émeuvent l’âme de son auditoire. Dans son dernier album, elle rend un vibrant hommage très particulier à l’un des plus grands chantres de la chanson kabyle de tous les temps : Lounès Matoub. Disparu le 25 juin 1998, ce dernier hante tous les coins et recoins de la Kabylie. Sa mort n’en est pas vraiment une, puisqu’il est omniprésent et plus vivant que jamais. Onze ans après son lâche assassinat, la Kabylie n’arrive pas à faire le deuil du Rebelle. C’est le message que tente de transmettre Yasmina à travers deux belles chansons, pleines d’émotion et de tristesse. La première est intitulée : Tajmilt i Lwenas (évocation). Dans cette chanson, Yasmina revient, comme si cela date d’hier, sur le jour de son assassinat. L’atmosphère qui a régné ce maudit jour en Kabylie. Yasmina raconte les larmes de Tizi Ouzou, et ceux de Bejaïa, le chagrin de toutes les collines et l’affluence record enregistrée au sein de Taourirt Moussa. Le rendez-vous rassemblera les deux mélomanes de la chanson berbère avec la communauté kabyle du Canada dans un geste de témoignage pour ce que doit la culture et l’art kabyle à ces illustres artistes.
Kahina Idjis
