Trafic de drogue, nuisance dans les quartiers jusqu’à une heure tardive, vols de voitures et d’autres objets de valeur… petite et grande délinquance prennent en fait des proportions alarmantes notamment à Boumerdès et dans la périphérie d’Alger.Durant l’année 2004, les structures étatiques de sécurité des deux départements précités ont procédé, selon des informations recoupées, à l’arrestation de plus d’une trentaine de réseaux de malfaiteurs, inculpés surtout pour des affaires de droit commun.Atteintes aux biens d’autrui, larcins, vols à main armée, rackett continuent d’empoisonner ici et là le quotidien des citoyens.Faute de constats officiels, chiffrés et affinés, pour l’heure, écoutons le témoignage de certaines victimes de ces délits. Saïd Azem, 28 ans, se lamente de la disparition de son minibus de type Toyota, qu’il garait chaque soir face à l’immeuble de la cité des 200 Logements au centre-ville de Boumerdès. Le véhicule a été volé au matin du mercredi 14 juillet 2005.Acquis grâce au soutien de l’ANSEJ, ce véhicule lui offrait un moyen de subvenir aux besoins de sa famille depuis 2001. “On me l’a volé alors que je n’ai encore recouvert ni les créances de l’ANSEJ ni celles de la banque”, s’inquiète le jeune homme.L’un de ses camarades rappelle dans ce contexte que 8 voitures dont trois de marque Clio ont été volées en moins d’une année au niveau du même quartier. Deux autres véhicules légers — l’une de marque Clio et l’autre de type Mégane — ont été dérobées, a-t-on appris, il y a moins d’un mois au site des sinistrés de la Sablière, sur la route d’El Kerma. La plupart des véhicules volés n’ont pas encore été retrouvés. L’on craint donc que les malfaiteurs ne les réduisent en pièces détachées pour les revendre ensuite.Alors que plusieurs personnes sinistrées ne peuvent plus quitter leurs chalets — notamment à Souk El Had relevant de Thenia — de crainte d’être pillées durant leur absence, d’autres sites comme ceux de Sghirat ou de Figuier se constituent en groupes pour protéger leurs domiciles. Mais les délits de vols ou actes de vandalisme se produisent aussi dans la rue. Les vols de portable, à l’arrachée ont souvent pour théâtre les marchés hebdomadaires.“Un gros gaillard m’a chipé mon portable au souk de Boumaâti et aucune personne n’est intervenue pour l’arrêter, a témoigné une femme entre deux âges.La même scène s’est répétée, il y a deux jours, dans un train reliant Alger et Thénia. Un jeune de 16 ans environ a piqué le téléphone portable d’une jeune femme, dès que la locomotive s’arrête à la gare de Réghaïa. Le petit voleur a pu prendre la fuite.“Le vol à l’arrachée de divers objets s’est banalisé”, commente la vox-populi. Mais l’on ne peut, en tout cas, oublier ces vols accompagnés d’agressions entraînant mort d’homme ou blessures graves. De tels incidents horribles ont eu lieu fin 2004 à Chabet El Amer, Zemmouri et aux alentours de Khemis El Khechna. Respectivement, un citoyen et deux chauffeurs de taxi furent victimes d’agression à main armée. Deux morts, alors que le troisième a échappé par miracle à ses blessures.
Salim Haddou
