La Dépêche de Kabylie

La poste, l’autre calvaire pour les habitants !

Construite avant l’indépendance dans le cadre du fameux plan de Constantine initié par le pouvoir colonial en vue d’étouffer la Révolution algérienne, « la poste » d’Akbou est à ce jour le principal office où les citoyens effectuent le gros de leurs retraits d’argent, d’expédition de courriers et d’achat des timbres fiscaux au niveau de toute la région et compte parmi sa clientèle pratiquement toutes les catégories sociales, il est le principal point de chute des salaires, primes, allocation AFS, pensions, maladie et autres. Aussi, des chaînes interminables se forment tout le long de la semaine dans le hall de ce bureau qui s’avère exigu et manque de minimum de confort. La situation ne date pas d’aujourd’hui et les pouvoirs publics ont construit dans le but d’y remédier à cette situation deux immeubles. Le premier dans l’avenue 1er-Novembre et le second au quartier Sidi Ali. Au grand dam de la population, le siège devant accueillir les services de l’actuel bureau est déclaré non conforme aux normes de construction applicables pour les structures relevant du secteur financier car le concepteur n’a pas prévu de sous-sol pour contenir les coffres-forts. Cet immeuble, la bâtisse aux fenêtres bleues de la gare routière interurbaine, est aujourd’hui à l’abandon et n’est nullement entretenu : des herbes sauvages, des moisissures et l’humidité y ont entamé leur œuvre de dégradation et signent de la sorte le retour de la nature au cœur d’Akbou. L’autre immeuble se trouve au quartier Sidi Ali, il a été construit au début des années 2000 par l’APC d’Akbou pour servir d’antenne du bureau de poste mais aussi pour équiper le quartier d’infrastructures publiques. Egalement à l’abandon, ses portes, ses fenêtres, la boiserie, les serrures, les matériels électriques sont tout bonnement subtilisés sans que cela ne suscite, visiblement, de réaction de la part du propriétaire qui laisse faire. « Pis que tout, il constitue une véritable poche pour le développement de la délinquance dans un quartier réputé difficile » nous avoue à mi-voix un habitant du quartier. Ainsi, bien que des efforts aient été consentis, des milliards mobilisés et des assiettes foncières libérées pour rendre les services des postes et télécommunications plus accessibles à la population ; il est déplorable de constater, qu’aucune amélioration en la matière n’ait été enregistrée ; bien au contraire, les chaînes s’allongent et retirer de l’argent devient un souci.

Les citoyens rencontrés dans le hall de l’actuel bureau font dans le « contre mauvaise fortune bon cœur » et nourrissent, tout bas, l’espoir de voir les prestations améliorées dans un proche avenir. Ils y croient encore !

B. Sadi

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