»On a saisi le ministre de la Justice pour la protection des témoins »

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) avec la collaboration du comité femmes LADDH, a tenu une séance de projection du film North country ou le vent du nord de Niki Caro qui aborde le problème du harcèlement sexuel sur les lieux du travail, et cela dans le cadre des activités de formation sur les droits de la femme. Cette projection s’est déroulée mercredi dernier, à la salle de conférences de la maison de la presse Tahar Djaout, et a été suivie d’un débat d’ont l’objectif est de montrer les moyens de réduire l’ampleur de ce dernier. « Le harcèlement sexuel est omniprésent et reste impuni dans notre société, et cela malgré la loi. Cette situation est due au manque de preuves et de témoins », selon Mme Merah, animatrice de la commission des discriminations contre les femmes, un comité instauré par la Ligue algérienne de défense de droits de l’homme (LADDH). « Le harcèlement sexuel reste un sujet tabou, les femmes n’osent toujours pas parler des agressions qu’elles subissent quotidiennement, particulièrement par leurs supérieurs et ce de crainte qu’elles ne soient montrées du doigt », selon Mme Merah. Ces victimes sont généralement considérées par leurs collègues comme des provocatrices et méritent ce qui leur arrive. Mme Nacera a ajouté à ce sujet : « Nous avons adressé une lettre au ministre de la Justice pour la protection des témoins. Un cas a eu lieu lors d’un procès, où la victime a eu gain de cause et malgré cela, la personne qui a témoigné a été renvoyée de son travail », a-t-elle affirmé.

Cependant, le harcèlement sexuel n’est pas observé seulement sur les lieux du travail. Les étudiantes sont aussi victimes des agressions par leurs professeurs. « Un chantage abominable exercé par les professeurs consiste à faire accepter leurs avances contre une bonne note « , souligne Mme Nacera.

Ainsi, le harcèlement sexuel restent un sujet tabou dont les victimes notamment des femmes reste dans l’ombre et n’osent jamais dénoncer leurs tortionnaires. Leur dignité a été bafouée. Persécutées et mises à l’écart, elles souffrent de dépression nerveuse, et de différents problèmes sociaux à cause de l’insécurité au milieu du travail.

Kahina Idjis