Le creusement du tunnel et l’aménagement de la route du cap en suspens ?

La modernisation de cet axe routier principal pour le développement économique et touristique de la wilaya, reliant cette dernière aux wilayate de l’Est et drainant un trafic routier de près de 30 000 véhicules par jour dont un tiers de poids lourds activant en majorité avec le port, se fera dans une optique de désenclavement de la wilaya et de la réhabilitation de son réseau routier, négligé jusque-là.

Pour le cas de la route en question, même si les entrepreneurs en charge du projet parviennent à terminer leurs travaux d’ici le début de l’été, comme exigé par le wali en personne lors de sa visite dans la commune de Tichy le 22 du mois de décembre dernier, ils buteront sur le problème du tunnel d’Aokas lequel devrait être creusé pour la réalisation d’une deuxième route parallèlement à celle existante.

Ces travaux de creusement n’ayant pas encore débuté ne peuvent se faire avant cette date butoir. Par conséquent, les embouteillages très fréquents en période estivale ne disparaîtront pas mais se déplaceront, tout simplement, vers ce tronçon de route et là il faut s’attendre à des chaînes qui atteindront la cité Bensaïd d’un côté et l’embranchement reliant l’ancienne route nationale, venant de la ville d’Aokas, à la RN 9 de l’autre côté. Heureusement que le chemin de Timeerest, menant de Tala Khaled à Tizi N’berber, a été aménagé et bitumé, donc pouvant servir, provisoirement pour les usagers venant de Béjaïa, lesquels peuvent l’emprunter pour rejoindre Aokas en passant pas Tizi N’berber.

Il y a un autre chemin qui aurait pu dépanner si on avait pris la peine de le prendre en charge : Il s’agit de la route dite du cap dont une partie s’était effondrée lors du détachement de tout un pan de la même montagne en mai 2005.

Cette dernière qui a été réalisée durant les années 1864 et 1865 avec les moyens de l’époque aurait pu voir la petite partie de route endommagée, reconstituée en creusant dans la montagne pour aménager un nouveau tronçon en remplacement de celui qui s’est effondré.

En sus de cette utilité, cette route, touristique par excellence, a tout le temps constitué un site à visiter pour les vacanciers, d’où on peut avoir une vue imprenable des villes d’Aokas d’un côté et de Béjaïa de l’autre.

Qu’est-ce qui empêcherait cet aménagement ? Qu’on ne nous dise pas que ce sont les moyens financiers qui manqueraient ou encore que l’Etat n’a pas les moyens d’aménager un tronçon de deux cents mètres en 2009 alors que nos ancêtres l’ont fait pour une distance de deux kilomètres en 1864 avec des pioches et des dynamites.

Il est plus qu’indispensable de réhabiliter cette route et de lui redonner son aspect touristique car en ce moment, laissé à l’état d’abandon total, elle sert tout simplement de plus grand comptoir du monde.

Effectivement, en dehors des jeunes qui s’y rendent pour prendre leurs bières et dont certains, versés dans l’incivisme, cassent les vides sur le lieu de consommation, cette route ne sert plus à rien. Certes, Béjaïa a été marginalisée mais avec l’ambitieux plan quinquennal proposé par les élus et l’administration wilayale, les citoyens attendent beaucoup pour les années à venir notamment dans le secteur routier.

D’ailleurs, dans leur analyse de la communication annuelle des activités de la wilaya pour l’exercice 2007, les élus à l’APW ont noté que tous les secteurs accusent des retards considérables et ont insisté en particulier sur les infrastructures routières lesquelles fournissent une preuve matérielle incontestable, à leurs yeux, du sous-développement dans lequel se trouve la wilaya par rapport aux autres régions du pays. Avec l’installation d’un nouveau wali à sa tête, la wilaya de Béjaïa vit dans l’espoir de sortir de cette ornière notamment après le travail de diagnostic, initié par ce dernier, et de propositions faites pour sa mise à niveau.

Les travaux de dédoublement de la RN 9 ainsi que l’aménagement de la route touristique du cap seront-ils achevés avant l’été 2010 ?

A. Gana