Pour rappel, la wilaya a déjà bénéficié dans le cadre du programme spécial des Hauts-Plateaux d’un budget de 229 milliards de centimes.
Ainsi, huit agglomérations réparties sur les communes du sud de la wilaya seront raccordées au gaz naturel, à savoir El Hadjra-Ezzergua, Dechmia, Mesdour, Taguedit, Mamora et Ridane.
Par ailleurs, dans le cadre du programme supplémentaire, la wilaya a aussi bénéficié, à l’issue de la visite du président, en juillet dernier, d’une enveloppe de 9,7 milliards de DA.
On annonce par ailleurs, que 11 autres sites, soit 18 000 familles, bénéficieront également de cette opération. Toutefois, la wilaya, faut-il le dire, accuse un énorme retard, elle n’arrive pas encore à s’aligner même sur la moyenne nationale en terme de raccordement en gaz naturel.
A la fin décembre de l’année écoulée, le taux de couverture était, selon même des chiffres officiels, à raison seulement de 44 %.
En effet, un taux qui demeure en deçà des besoins, de plus en plus accrus, des habitants. Pour preuve, des communes, pourtant situées à une trentaine de kilomètres à l’est et au sud et du chef-lieu de la wilaya sont encore privées de cette commodité, et les habitants de ces régions ne cessent de réclamer le raccordement de leurs foyers au gaz naturel.
Manifestement, la répartition des projets inhérents au secteur de l’énergie, s’avère jusque-là loin de répondre aux attentes des habitants. A cela, on peut citer les vastes agglomérations à l’est de la wilaya où le gaz n’est nullement introduit.
En effet, à Saharidj ou à Takerboust, le plus grand village africain de par le nombre d’habitants, le gaz reste le grand absent dans ces régions réputées pour leurs conditions géographiques et climatiques des plus dures. Leurs habitants adressent, depuis belle lurette, des requêtes et doléances aux autorités, tous niveaux confondus, mais en vain. A Ahl El Ksar, 35 km au sud est du chef-lieu de la wilaya, alors que l’opération de raccordement prévue n’a pas encore commencé, cependant elle n’y couvrira qu’une infime partie, «tandis que la majeure partie, semble être exclue», déplorent les habitants. Quant à la commune voisine, Ouled Rached, 14 villages, soit plus de 10 000 habitants, le gaz est synonyme de luxe ! Paradoxalement, un des responsables de la FNEG s’est, récemment, félicité que «l’Algérie ait atteint une position de leader dans le domaine du raccordement en gaz». Mais, indubitablement, la réalité est tout autre. Aussi, à Mesdour, il est prévu, dans le cadre du programme des Hauts-Plateaux, que le gaz atteigne certains villages mais aussi en exclura d’autres.
On y cite, à titre d’exemple, El Ounass, village relevant de cette commune, d’une population de plus de 1000 habitants, il ne sera alimenté en gaz qu’à une échéance encore… inconnue. Par conséquent, la souffrance des ces habitants, en quête continue de bonbonne de butane, n’est pas prête de s’estomper.
Pourtant on ne cesse de clamer que l’Algérie est parmi les plus grands pays producteurs du gaz et également un des premiers exportateurs au monde. Une réalité et une manne financière qui demeurent souvent «chimériques» pour des citoyens privés, en 2009, de cette énergie.
Des milliers de citoyens continuent d’avoir recours à la méthode d’un autre âge, consistant à se servir du bois autant pour la cuisson que pour le chauffage. Dans ces contrées enclavées, où le climat est coriace, alors que l’hiver s’étend pratiquement sur la moitié de l’année, le gaz est loin d’être «une commodité», c’est «une impérieuse nécessité». Ceci dit, cette situation pénalise l’environnement et la surexploitation des richesses sylvicoles se fait ressentir. Un désastre pour l’environnement. Les pertes en matière des ressources forestières engendrées par les vastes saignées causées dans les forêts sont flagrantes.
Alors que dans certaines grandes villes, dit-on, le gaz est présent dans les trois quarts des foyers, dans ces régions défavorisées il est parfois introuvable.
C’est à longueur d’année que l’on peut constater les tracasseries d’approvisionnement au gaz butane. Il est très courant de croiser des gens, tous âges confondus, portant ou roulant des bonbonnes de gaz butane. Notamment durant les périodes de grandes consommations ou, tout simplement, pour une raison ou une autre les habitants font le plein. Ils procèdent alors au stockage des bouteilles de gaz qui s’entreposent à l’intérieur même des habitations à leurs risques et péril. Sans oublier que dans ces régions reculées, la bouteille de butane est, parfois, l’objet de spéculation.
Une simple équation peut nous renseigner sur l’impact économique des foyers. Un ménage dont le nombre de membres est moyen consomme jusqu’à 6 bonbonnes par mois, soit 1 620 DA dans certaines régions, c’est donc 19 440 DA par an !
Tandis que le coût du gaz de ville pourrait avoisiner pour un même ménage seulement 3 000 DA par an. La différence est assez grande, c’est encore une facture lourde qui s’ajoute à un pouvoir d’achat déjà en érosion. Les services de Sonelgaz expliquent que le faible taux de raccordement en gaz dans certaines régions est dû, entre autres, «aux conditions géographiques et climatiques» ! Mais justement, c’est pour ces raisons que le gaz est une urgence dans ces régions. En attendant des jours meilleurs, ces habitants n’ont d’autres recours que «le butane», sinon le bois ou encore, pourquoi pas, le charbon.
L. M.
