Encore une fois, aucune manifestation d’envergure n’est programmée pour rappeler la triste journée du 28 avril 2001 vécue par la population d’Aïn El Hammam où Aomer et Nadia avaient perdu la vie, si ce n’est de timides gerbes de fleurs déposées par leurs proches. Nadia a, ce jour là, ajouté son nom à la liste, déjà longue des martyrs du Printemps noir.
En se rendant en classe, ce matin-là, cette enseignante à l’école de Sidi Ali Ouyahia, ne savait pas qu’elle ne reviendrait plus chez elle où l’attendaient ses deux garçons en bas âge. Pour ses proches, meurtris dans leur chair, la blessure est toujours ouverte et ne se refermera pas de sitôt. Ce n’est ni le folklore ni les discours qui l’atténueront. Pour rappeler ce triste épisode du Printemps noir, vécu douloureusement, par toute la Kabylie, les traditionnelles marches ne sont plus de mise. Pour les orphelins et la famille, le printemps, malgré ses fleurs, ne reviendra chaque année que pour apporter son brin de tristesse. Il ne sera plus jamais aussi beau, sans Nadia, partie à la fleur de l’âge.
A. O. T.
