De fait, et après des années d’attente et des pressions accrues de la part des autorités locales, Tizi-Ouzou a pu réaliser son rêve de produire et de commercialiser un médicament fabriqué localement. Certes, le projet n’en est qu’a sa première phase de production et le taux de fabrication actuel ne dépasse guère le sixième de la production prévisionnelle de l’année 2009, mais le Novometformine est bien là. Il est commercialisé sous des comprimés de 500 et 850 mg. A l’heure actuelle, apprend-on de sources très au fait du projet, l’usine de Oued Aïssi a produit plus de 100 000 boîtes sur les 600 000 prévues pour l’’année en cours. Quelque 5 000 boîtes de ce médicament auraient déjà été commercialisées via les différents organismes chargés de la distribution pharmaceutique.
Cependant, et à se fier aux observations faites par certains analystes locaux, le lancement de ce médicament “100 % kabyle” n’est pas vraiment un franc exploit. Ce projet date de plus d’une dizaine d’années et il était question que le groupe français Aventis s’associe avec le géant algérien Saïdal pour fabriquer, à Oued Aïssi, de l’insuline, et non un de ses dérivés ! Après des rebondissements aussi scandaleux qu’inexpliqués, qui ont abouti à l’abandon du projet (Aventis s’est installé en Tunisie, alors que Saïdal a préféré bâtir une usine similaire à Constantine), ce sont les laboratoires danois Novonordisk qui ont hérité du projet, mais pas sans le vider de certaines de ses vocations.
De fait, l’insuline a été remplacée par un antidiabétique de type 2, et les 10 hectares consacrés à l’usine n’ont été “consommés” qu’a hauteur d’un dixième, car, a l’heure qu’il est, seul un hectare a été utilisé.
Pis encore, le lancement du médicament a accusé plus de trois ans de retard, car l’usine a été officiellement inaugurée en 2006. Il aurait fallu deux mises en demeure pour que les Danois daignent lancer la production. D’après nos informations, et vu l’énorme retard constaté actuellement, Novonordisk risque de nouvelles mises en demeure s’il ne lance pas incessamment la deuxième extension du projet. Un projet qui a coûté plus de 50 millions d’euros et qui a généré une centaine de postes d’emplois…
Ahmed Benabi
