La fenaison bat son plein

Les faucheurs sont entrés en action dans la vallée de la Soummam avec quelques semaines d’avance sur le calendrier agraire. Les travaux de fenaison qui d’ordinaire coïncide avec les période dénommée « Ussan Izegzewen » (journées vertes) compris entre le 17 et le 24 mai, ont été entamés dès les premiers jours du mois. Les abondantes précipitations du printemps ayant brutalement marqué le pas, ont cédé la place à un soleil qui règne désormais en maître des céans. Les conditions climatiques notamment l’hygrometrie très élevée au cours de ces derniers mois ont donné lieu à un couvert végétal exubérant augurant d’une bonne récolte fourragère. « Il faut remonter à une douzaine d’années en arrière pour retrouver une récolte aussi copieuse. C’est du tout bénéf pour les agriculteurs et les éleveurs », jubile un paysan de Timezrit, une région à vocation agricole. Aussi bien dans les domaines d’Amizour, les plaines d’El Kseur que dans les exploitations de la haute Soummam s’étendant d’Ighzer Amokrane jusqu’à Tazmalt, la faucheuse a investi la prairie, la délestant de sa robe drue et diaprée. « Quelque chose me dit que la pluie n’a pas encore dit son dernier mot. les orages du mois de mai peuvent à tout moment se mettre de la partie », prophétise un exploitant de la région d’Akbou qui appréhende par dessus tout, ces précipitations tardives, synonymes de rancissement du foin induisant une baisse de sa valeur nutritive. Bien avant le coup d’envoi de la campagne de fenaison, les agriculteurs se sont appliqués à apprêter leur attirail. Faux, faucilles et barres de coupe ont été soit affûtées ou reforgées. « Ces opérations exigeant finesse et dextérité ne sont pas à la portée du néophyte », soutient un agriculteur d’Ouzellaguen. Concernant les exploitations de type EAC / EAI, l’étendue de la tâche impose de faire appel à la faucheuse. L’usage de la faux et de la barre de coupe (montée sur un tracteur) reste, cependant, le plus répandue sur les parcours plantés d’arbres et la prairie.

N. Maouche