Région cherche plan de redressement

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La Kabylie a souffert de mille maux depuis une quinzaine d’années : terrorisme, banditisme, chômage, etc. Un retard criant et visible dans tous les secteurs a plombé la topographie de la région. Quoiqu’une nette amélioration soit perceptible ces dernières années, il est utile de mettre l’accent sur les attentes des populations de la région, à la faveur de la présentation du programme du chef de l’Etat par le Premier ministre à l’hémicycle, face aux députés. Le commun des citoyens, qui est à l’écoute de l’actualité locale et nationale, dresse un tableau peu reluisant et renseigne sur les espoirs et les attentes des différentes franges de la société. « Les temps ont changé. La Kabylie n’est plus celle des années soixante-dix ou quatre-vingt ; le rythme de vie, ainsi que les exigences de la vie moderne ont évolué. Des mesures politiques urgentes s’avèrent l’unique alternative pour impulser une dynamique de renouveau pour la Kabylie et, d’ailleurs, pour l’ensemble des régions du pays, chacune avec ses spécificités  » nous déclare Achour, ingénieur en électronique reconverti en commerçant. En effet, l’administration n’a pas suivi la vie moderne et la diversification des besoins du citoyen. En un temps très court, elle s’est retrouvée face à des exigences et à des défis nombreux : infrastructures à construire, un taux de chômage des plus exorbitants, … Les parlementaires des différentes formations politiques s’accordent à dire qu’il est nécessaire d’esquisser un plan axé sur les éléments constituant les atouts majeurs de la région : le tourisme, la pêche, l’artisanat, l’agriculture maraichère et les petites unités industrielles. Le secteur du tourisme, à lui seul, peut constituer un joyau de la région et à même de créer de nombreux postes d’emploi. Par ailleurs, de nombreux projets officiellement lancés par les pouvoirs publics tardent à faire le bonheur des riverains ainsi. Des 100 locaux par commune (7 000), inscrits dans le cadre de l’opération du président de la République, seuls 800 ont vu le jour. La construction des 22 000 places pédagogiques au pôle universitaire sis à Tamda tarde à se concrétiser, le nouveau stade de 50 000 places n’a pas encore vu le jour, les quelques unités industrielles qui ont résisté et qui, avec les péripéties du temps, peinent à fonctionner à plein régime attendent une redynamisation. Les recours adressés à l’administration par les nombreux citoyens, notamment ceux des communes les plus enclavées, concernant l’aide à l’auto-construction fixée à 700 000 DA qui, vu le relief accidenté de la région, s’avère très en deçà des exigences de l’opération, ne se comptent plus. Le secteur de la santé, lui aussi, est à la traîne, sachant que le CHU existant, sollicité même par les wilayas environnantes, n’arrive plus à répondre aux besoins des populations.

En outre, le secteur de la protection civile s’avère en manque d’unités sur les différents axes routiers, notamment la RN 12. Le climat sécuritaire des plus précaires y prévalant ces dernières années –ce qui a d’ailleurs favorisé le squat des espaces publics et des logements réalisés dans certaines communes– a fait que la région demeure en agonie et s’agrippe à l’espoir que les pouvoirs publics lui tendent la perche pour s’ébrouer et reprendre la place qui lui sied dans la dynamique de développement du pays. Qui sait ? Peut-être un jour, la région lâchera les multiples boulets et tares qu’elle traîne depuis des décennies. L’optimisme, allié à du concret au quotidien, la hogra, la harga, le chômage, l’insécurité seront bannis à jamais du vécu quotidien des kabyles.

Ahmed Kessi

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