Lors de son intervention d’ouverture, Abderezak Dourari, directeur du CNPLET, a estimé que » l’aide du Laboratoire paragraphe, de l’université Paris 8 est inestimable « . Selon ses dires, l’apport de Imad Salah, responsable au sein du Laboratoire a permis au colloque de se tenir. Par ailleurs, M. Dourari, et après un petit historique sur l’évolution de la revendication depuis les années « où la revendication identitaire était un tabou » et l’institutionnalisation de la langue et culture amazighes, à travers notamment les deux instituts de recherches et d’études à Bgayet et Tizi-Ouzou ainsi que son officialisation en tant que langue nationale. Pour M. Dourari, “un revirement de situation depuis les années 1990 a permis un changement qualitatif dans la société concernant la langue amazighe, qui était assimilée à une menace sur le pays ». M. Dourari a ajouté que ce colloque, qui est la suite des trois derniers colloques tenus sur la standardisation de la langue, permettra d’évaluer la prise en charge de la langue en Algérie après tout le chemin parcouru. Pour le directeur du Centre, il faut attirer l’attention des spécialistes et des responsables sur le fossé qui sépare les pays en termes d’utilisation des TICE dans l’éducation. En outre, il a souligné que ce genre de rencontres, permettra aussi de révéler les carences qui caractérisent la normalisation de la langue amazighe, tout en insistant sur le caractère scientifique du colloque. De son côté, Imad Salah, de l’Université Paris 8, a souligné dans son exposé, sous le thème de l’épistémologie E-learning que « la langue amazighe n’est pas soutenue par la recherche et la normalisation ». Pour ce spécialiste de l’apprentissage à distance, l’absence des langues, à moindre diffusion sur le web « nécessite un travail en amont et qui va être révélé durant cette rencontre « , et de souligner que “l’apport des autres expériences est fondamental, comme l’expérience marocaine à travers l’IRCAM ». « Les TICE ont révolutionné les politiques d’apprentissages, avec les mises à jour des contenus finalisés, organisés et reconnus comme outils pédagogiques pour l’acquisition du savoir et une nouvelle forme d’apprentissage ». Enumérant les avantages de l’apprentissage à distance ou via le web, Imad Salah a estimé que cette forme d’acquisition du savoir permet un rythme à l’étudiant qui est le sien, la solitude comme accélérateur d’apprentissage ainsi que la disponibilité de grandes masses d’informations sur le web. Néanmoins, Imad Salah a estimé que des inconvénients existent aussi. A titre d’exemple, il a cité l’isolement de l’apprenant, la maîtrise de l’outils informatique qui peut être un handicap, la surcharge cognitive et la désorientation. A propos des contenus dispensés sur le web, M. Imad a souligné, toutefois, que la non-reconnaissance de l’apprentissage à distance dans certains pays, les droits d’auteur, ainsi que la non-adaptation des contenus aux réalités socio-économiques et politiques de certains pays, posent, selon lui, un sérieux problème. A cela s’ajoute le rôle de l’enseignant qui doit être à la fois enseignant et connaisseur en informatique. Dans l’après-midi d’hier, le Pr. Hend Sadi a présenté une communication sur les ressources pédagogiques en ligne pour l’enseignement du berbère, les Prs. Greussay et Signorini ont débattu de l’apprentissage mimétique et de thématique à l’enseignement à distance. D’autres conférences, toujours liées à ce thème, seront données aujourd’hui par d’autres spécialistes.
M. Mouloudj
