Talwit Moussa !

Pondéré, serein, mesuré… Et tant d’autres épithètes qualifiaient Moussa. Il était l’un des rares délégué à avoir investi la dynamique des archs sans bruits, sans badges et sans autre prétention que celle de faire avancer les choses sur le terrain de la démocratie. Avec son ami de toujours Mohand Oulhacène, le ‘’Viking de Saharidj », ils ne rataient aucun conclave, aucune occasion de faire entendre la voix et la voie citoyenne. Akmouche Moussa, lui, faisait feu de tout bois : tous les espaces (cafés, tajmat, quartiers…) deviennent une opportunité pour ‘’dire la citoyenneté ». Les conclaves, où d’ailleurs il parlait le moins, ne lui suffisaient pas. Il avait conscience que la cause que lui et ses camarades défendaient devait gagner tous les espaces.

Cela étant et malgré son omniprésence, Moussa n’avait rien d’un délégué publiciste. Il avait d’ailleurs horreur du «m’as-tu-vu». Son calme et sa pertinence forçaient le respect. De temps à autre, il était comme abattu par les interférences que subissait le mouvement des ârchs. Il devenait alors sceptique. Mais cela ne durait pas longtemps. Revoilà Moussa reparti de plus belle pour l’aboutissement de son idéal ! La faucheuse aura le dernier mot. Le 25 mai dernier Akmouche Moussa sera appelé auprès de Dieu. Son village enterrait l’un des meilleurs de ses enfants. Son ami, son compagnon, le Viking de Saharidj se retrouve terriblement seul. Notre bureau de Bouira gardera de son ami Moussa le souvenir d’un homme à principes qui avait rehaussé l’image de délégué. «Talwit Moussa !»

T. Ould Amar