La Dépêche de Kabylie : Du répertoire traditionnel de Kabylie à une musique ouverte sur tous les styles, comment l’évolution, s’est-elle faite ?
Le contact avec le public de France m’a permis d’évaluer et de perfectionner ma composition dans mon troisième album, Baden-Baden. Je travaille beaucoup avec des musiciens étrangers et j’ai rencontré beaucoup d’artistes depuis que je suis arrivé en France. J’ai aussi crée une Association des artistes des couleurs et de la diversité où j’ai rassemblé plus de 400 artistes, dont le but de cette association est de créer un lien et construire des passerelles entre les artistes de différentes cultures. J’ai crée un festival (la scène ensemble), le 14 décembre 2008 et je prépare la deuxième édition du 20 au 22 novembre 2009.
Votre album Baden-Baden est le plus connu du public de l’Hexagone, mais pas celui de Kabylie, parlez-nous un peu de cet album ?
Mon album est connu aussi en Kabylie surtout après la réalisation de mon clip Baden-Baden, le public en Algérie le réclame beaucoup et il le cherche partout, l’impossibilité de le trouver est due essentiellement à l’éditeur Belda diffusion, en l’occurrence, qui n’a pas assuré la distribution bien comme il le faut et qui n’a pas respecté le contrat. J’ai demandé la résiliation du contrat et j’ai promis à mon public que mon album Baden-Baden va être bientôt disponible partout en Algérie.
Parlez-nous sommairement de votre carrière artistique ?
En tout, j’ai réalisé 4 albums depuis mon premier, édité en 1994, intitulé, Imawlan-is. Le second, en 2002, Ughla-ed. Baden-Baden, en 2007, et enfin, mon 4e album qui est en préparation et j’espère qu’il plaira au public. A cela s’ajoute des clips vidéo, comme celui de la chanson, Baden-Baden que j’ai réalisé en Allemagne.
Vous avez participé à plusieurs rencontres artistiques, comme la rencontre berbèro-celtique, berbèro-bangali… qu’est ce qu’elles vous ont apportées sur le plan artistique ?
Ces rencontres m’ont permis d’élargir mon public et c’est aussi un moyen de promouvoir ma culture et ma musique. Je suis un artiste sans frontière qui porte les couleurs kabyles très haut, invitant la musique à réunir les mondes, auteur de la liberté, et de l’espoir.
Vous avez réalisé, aussi un film-documentaire, « De Lemsella à Beden-Baden », pouvez-vous nous résumer un peu son contenu ?
Effectivement, je suis le réalisateur de ce film. Il parle de mon voyage, depuis mon village natal à Lemsella en Kabylie jusqu’à Baden-Baden en Allemagne. Quand on quitte son pays et qu’on s’en va loin de chez soi, on découvre les richesses du monde. L’ailleurs a toujours son attrait. On imagine même parfois pouvoir se délester de son ennui, de ses sempiternels soucis et agacements quotidiens. Mais malgré des expériences enrichissantes souvent à la hauteur du voyage entrepris, un meilleur là-bas que chez soi n’existe pas. Le retour sur soi même, vers ses racines semble alors inéluctable.
Sera-t-il projeté ici en Algérie?
Oui, je souhaite ! Au fait, j’attends la confirmation des salles comme la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, de Bgayet et aussi d’Alger.
Pourquoi vos oeuvres sont introuvables en Algérie ?
Tout cela est du aux problèmes de distribution. Pour parer à cette situation, je prépare la sortie de mes 3 albums, imawlan-is Ughal-ed et Baden-Baden, pour bientôt, afin de permettre à mon public de les retrouver sans aucun souci.
Un mot pour la fin ?
Tout en vous remercions, je tiens à vous informer que je serai en concert au Zénith de Paris le dimanche 28 juin, lors de l’hommage à Matoub Lounes. Ce spectacle se veut un message d’espoir et d’amitié qui rassemblera toutes les communautés pour leur faire découvrir un artiste qui symbolise la diversité culturelle.
Propos recueillis par Mohamed Mouloudj
