La preuve la plus tangible est que plus de 80% de terrains fertiles sont en jachère et inexploités, à commencer par ces terres mises en valeur par les colons français, des fermes qui ont durant toute la période de l’occupation été approvisionnés en fruits, légumes et céréales ; de nombreux marchés européens qui sont devenues à l’heure actuelle stériles.
Les cause du fiasco
La raison de l’échec de toutes ces tentatives de relance de ce secteur ayant englouti des enveloppes vertigineuses est l’absence d’un plan d’exploitation des énormes ressources hydriques qui n’est évoqué dans aucun des programmes de relance de l’agriculture sinon évasivement effleuré alors que c’est la plus riche dans ce domaine à l’échelle nationale sinon au niveau du Nord du pays mise à part les régions du littoral. A cela, s’ajoute une mauvaise distribution ; environ 1/10 des réserves renouvelables captées reparties de manière anarchiques par une méconnaissance totale des lieux d’existence de ressources hydrique mises à part la Source Noire d’Illiten dans la commune de Saharidj sur laquelle se sont focalisés tout les regards sachant que son phénoménal débit est capable à lui seul de résoudre tous les besoins en AEP de la quasi-totalité de la population de la daïra, voire même plus, vu qu’à l’heure actuelle (on est à peine à moins de 50% de son exploitation, le reste part dans la nature. Aucun organisme n’est au courant du positionnement des centaines de sources vives existantes sur ce versant sud du massif de Lalla Khedidja que se partagent trois communes, à savoir Saharidj, Chorfa et Aghbalou, des sources alimentées par une importante nappe phréatique auxquelles s’ajoutent un taux de pluviométrie exceptionnel et d’abondantes chutes de neige, le tout produit un volume d’eau unique en son genre à l’échelle national. Trois importants ravins, Assif assemedh, Assif lebaal, Assif ouakour qui ne peuvent être qualifiés que de collecteurs géants, accueillent des quantités énormes d’eau tout le long de leurs parcours soit du sommet de cette montagne (Lalla Khedidja) sur une distance de plus de 10 km, chacun jusqu’à leur point de chute commun Oued Sahel pour se mélanger aux eaux usées. Aucune initiative, utile, n’a été tentée pour recueillir cette importante richesse naturelle pour l’irrigation de milliers d’hectares de terres fertiles situées en amont du point de départ de ces ravins, des terres abandonnées en raison de l’absence de moyens d’irrigation. Pourtant, le captage de l’eau de ces ravins peut se faire sans grands moyens financiers, ni beaucoup d’efforts, sachant qu’en divers endroits au niveau de ces rivières, Dame nature a façonnée des retenues collinaires auxquelles ne manquent que les digues sur la partie inférieure pour rendre à ces terrains perdus toute leur valeur. Nous avions pu constater de visu deux de ces retenues collinaires naturelles, l’une est située au point de rencontre d’Assif Lebaâl et Assif Ouakour au lieudit Thghourfet Irroumiène à quelque quatre kilomètres au nord des communes de M’chedallah et Chorfa. Cet endroit a fait l’objet d’une étude concluante dans les années 80, et depuis, le dossier repose au fond des tiroirs. La deuxième se trouve à distance égale entre le village M’zarir et celui d’Illithen à 20 et 15 km au nord de Saharidj-ville, au niveau du ravin Assif assemadh.
Quelles solutions ?
Ce ravin reçoit en plus de l’eau provenant des dizaines de sources et de la fonte des neiges l’excèdent de la miraculeuse Source noire qui servait jadis à faire tourner les turbines d’une usine d’électricité grâce à son débit qui dépasse les 400 L/S en période chaude. Les raisons des échecs répétés de ces tentatives de relance de l’agriculture dans cette région depuis l’indépendance sont dus aux programmes de la révolution agraire, ensuite l’opération dite » programme spécial » des années 60 et 70, tout comme ceux plus récents FND,FNDRA et le tout dernier-né PPDRI. Le non aboutissement de toute cette série de programmes au profit de l’agriculture qui a englouti des enveloppes incalculables, vertigineuses s’explique par la non prise en considération dans ces plans de relance du volet de recensement, de captage et de distribution des ressources hydriques sans lesquelles le cours des choses dans ce secteur ne pourrait changer. Comment n’a-t-on pas encore compris que les propriétaires de terrains ont abandonné toutes les activités agricoles à cause de l’absence de l’irrigation ? Une aberration dans la région la plus riche en ressources hydriques avec ses centaines de sources et autres points d’eau qui n’ont jamais taries. De mémoire d’homme même durant les longues années de sécheresse absolues ayant de surcroît une particularité qui n’existe pas ailleurs. Ces dernières ne présentent aucun risque de pollution car situées en hautes montagne dans des lieux inhabités. Pour évaluer cette importante richesse inexploitée il suffirait de procéder à une exploration munitieuse des territoires des quatre communes de la daïra : Aghbalou, Chorfa, M’chedallah et Saharidj, une région prise entre le col de Tizi Nkoulal et celui de Tirourdha. C’est à croire que la haute montagne Tamgout est assise sur la mer
Oualaid S.
